Téléphone : Orange et l’État aux abonnés absents !

En juin dernier, suite à nos multiples publications,  nous avions reçu un courrier d’explications de la direction clientèle d’Orange qui ne nous a absolument pas satisfait.

Nous lui avions adressé une réponse détaillée et argumentée sur le délabrement du réseau téléphonique et les manquements d’Orange à son obligation de service public.

Nous avions adressé cette réponse à l’ensemble des acteurs publics du territoire en  leur demandant de nous soutenir dans notre démarche pour le rétablissement d’un réseau fiable.

5 mois plus tard, Orange n’a toujours pas répondu à ce message ce qui ne nous surprend pas et reflète bien la réalité du service de cette entreprise.

Seuls deux responsables publics ont répondu et cela pour nous soutenir : Jacques Chabal, président de la communauté de communes Val’Eyrieux et Hervé Saulignac, député de l’Ardèche que nous remercions encore chaleureusement.

Nous prenons acte du silence assourdissant des services de l’État à qui nous avons envoyé copie du message et qui en ont accusé réception mais n’ont pas répondu.
le secrétaire d’État

Secrétaire d’État à la Transition numérique et aux Communications électroniques, Cédric O n’a pas répondu. Il était sans doute trop occupé à faire le représentant de commerce pour la 5G sur les réseaux sociaux où il doit passer un temps de dingue vu le nombre de ses publications.

Il nous promet de faire du réseau fibre un Service universel, inscrit dans la loi, à l’horizon 2025. Le service universel “est un service public français : toute personne peut en faire la demande et bénéficier d’un raccordement fixe à un réseau ouvert au public, et la fourniture d’un service téléphonique de qualité, à un tarif abordable.” Ce service universel existe depuis 1997 et n’a jamais été respecté par Orange, l’opérateur délégataire du réseau. De nombreux foyers ne sont plus desservis par une ligne fixe à laquelle ils ont droit, faute d’entretien du réseau. On se demande bien de quelle manière ce service universel pourrait être appliqué à la fibre alors même que le réseau sera éclaté entre plusieurs opérateurs. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, en 2025 Cédric O ne sera plus là pour rendre des compte sur ses engagements et les usagers attendrons toujours que la loi de 1997 soit appliquée.

 

L’Arcep

l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques, des Postes et de la distribution de la presse est une autorité administrative indépendante dont le président Sébastien Soriano est . . . nommé par le président de la République. L’Arcep emploie 170 personnes et gère un budget d’environ 23 millions d’euros. Surnommée le gendarme des télécom’ l’Arcep n’a pas répondu, sans doute trop occupée à distribuer les fréquences de la 5G par des enchères.

L’Arcep vient de découvrir, 15 ans après la privatisation de France télécom, le concept de Bien commun avec son slogan : Les réseaux comme bien commun. Bien commun au profit de qui ? des opérateurs bien sûr au détriment des usagers.

l’Arcep diffuse des statistiques rassurantes sur la couverture du réseau fixe et mobile en France, sur quelles bases ? c’est incroyable mais ces statistiques s’appuient sur les chiffres qui sont fournis par les opérateurs eux-même ! L’Arcep est censée collecter les signalements des usagers pour obtenir des résultats de la part des opérateurs.  À peine 5% des auteurs de signalements que nous avons reçus connaissent l’existence de l’Arcep, donc 95 % n’ont pas pu lui transmettre d’alerte. Il faudrait que les plaintes (nombre, position géographique, nature,…) soient rendues publiques de façon à ce que l’on puisse mesurer la crédibilité de ces données.

En 25 ans d’existence cette autorité publique n’a pas réussi à faire respecter l’obligation de Service universel par le délégataire du réseau téléphone et internet.

la préfecture de l’Ardèche

La préfète de l’Ardèche, Francoise Souliman,  n’a pas répondu non plus. Elle était sans doute trop occupée à distribuer des PV aux carrefours où elle prête main forte aux gendarmes. Elle a été beaucoup plus rapide pour nous envoyer, lors de notre réunion publique du 15 janvier 2019,  la gendarmerie pour relever les N° des plaques d’immatriculations des participants et surveiller la réunion (voir photo). Plus rapide aussi pour, à la suite de nombreux articles dans la presse, émissions de radio et de télévision, nous envoyer le 28 janvier 2020 deux inspecteurs des renseignements généraux (service de la surveillance du territoire) pour évaluer la dangerosité de notre collectif.

Méfiez vous, surnommée par certains Cruella, vous risquez de croiser la préfète sur les chemins vicinaux à la poursuite de dangereux contrevenants aux règles du confinement mais ne comptez pas sur elle pour entendre votre détresse face à Orange.

  
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Tout ce petit monde se tape sur le ventre, s’auto-félicite et s’entre-congratule sur les réseaux sociaux de façon obscène, se complaît dans la com’ pendant que les usagers attendent la tonalité.
Nous rappelons que l’État français détient 23% du capital d’Orange dont les bénéfices en 2019 se montent à 3 milliards d’euros.

Dans nos villages Drômois, appeler les services d’urgence à certaines périodes est devenu impossible.

L’internet et la téléphonie dans la Drôme,ou l’histoire de la lampe à huile et de l’escargot, article paru dans le Crestois.

Pendant que notre Président de la République tient des discours sécessionnistes sur la 5G au service de ses commanditaires, lorsqu’il jubile très visiblement en comparant la résistance devant ce produit toxique à une adoration pour l’économie Hamish, 63 % du territoire (22500 communes rurales) reste en zone « grise ».

Dans nos villages Drômois, appeler les services d’urgence à certaines périodes est devenu impossible.

Et là, les opinions politiques ne comptent plus : ça ne fonctionne pas, des vies sont en jeu. Le comble c’est lorsque votre voisin pompier volontaire vous explique que de toutes façons ses collègues ne peuvent pas le joindre en cas de pépin.

Alors admettons que la « valeur statistique » de nos vie humaines ait encore dégringolé, gloup, et voyons ce qui se passe du point de vue socio-économique.

Votre plombier vous remet votre devis sous forme papier – quand l’imprimante fonctionne, autre arnaque mondiale – car son entreprise n’a pas accès à internet depuis des mois.

Votre banquier vous sollicite depuis des semaines par téléphone – quand il fonctionne – pour que vous remplissiez ce fameux document indispensable à l’accès à votre compte bancaire. Nouvel algorithme oblige, nouveau logiciel qui vous renvoie systématiquement au point de départ comme un chien qui se mord la queue, nouveau « machin » éminemment chronophage où vous vous prenez à regretter de ne pas avoir fait bac +40 en informatique.

Et toc, internet s’arrête. On rit jaune….enfin…orange.

Vous admirez la patience infinie de la secrétaire de mairie ou du cabinet médical devant un « haut débit » digne du téléphone de Mr Ingalls, pendant qu’il vous est impossible de renouveler votre carte grise via internet, ce qui est devenu obligatoire, comme TOUT le reste. Idem pour votre centre des impôts si vous avez changé d’adresse, avec les pénalités car si vous êtes en retard, c’est de votre faute et en aucun cas celle des opérateurs. « Le Français est un râleur ». Tu m’étonnes.

Du coup, ce qui devient encore plus admirable, au point de nous en laisser aussi pantois qu’un salarié en télé-travail, c’est un Président de la République qui cherche à imposer une 5G à une population dont près de 20% vit encore, pour reprendre sa propre expression, à l’époque de « la lampe à huile ».

Face à cela, plus nous montons dans le mille-feuille administratif et politique à la Française, qui laisse si goguenards nos voisins européens, plus l’impression d’impuissance devient tangible.

Mme de Lavergne a eu la gentillesse de me contacter, suite à un premier article paru dans Le Crestois, via son assistant parlementaire à qui les services techniques d’Orange ont répondu qu’ils allaient faire « un diagnostic ». Je la remercie ici, au passage, pour sa démarche. Mais depuis, rien. Le coup du « diagnostic », nous sommes des millions à qui on ne la fait plus.

Élus ou pas élus, nous sommes tous menés en bateau. Le même bateau.

Autre exemple, une motion de censure concernant ces problèmes devrait être proposée au vote à la CCVD prochainement. Ce premier pas, s’il a le mérite d’exister, traduit aussi un sens du fatalisme assez déroutant.

Car les décisions prises dans les hautes sphères internationales, par des petits génies qui ont toujours six coups d’avance, oui, tout cela nous dépasse largement, élus ou pas élus, à Paris comme à la campagne.

Mais c’est autant de raisons pour agir en coordination, puisque c’est précisément sur cette carence de communication qu’ils comptent bien et, en France, ils sont servis.
Personne ne me fera croire que les Élus municipaux et inter-municipaux, les Sénateurs, les Députés, les Conseillers Généraux et Régionaux – et j’en oublie – n’ont pas les moyens d’ester en justice ou à tout le moins de faire sérieusement pression, pour le peu qu’ils s’y mettent ensemble.

En tout cas c’est pour ça qu’ils sont élus. Or, c’est tout le contraire qui se passe. Les démarches, quand elles existent, semblent se faire en ordre dispersé et évoluent ainsi à la vitesse d’un escargot.

Cette invalidation de fait agace le citoyen lambda quand il se retrouve sans moyen de communication, comme cela arrive trop souvent et trop régulièrement.

« – Le Français est un râleur ». « – Attends la 5G et la fibre ». Et enfin celle que je préfère, dans le genre modèle type en agressivité passive « – T’as qu’à pas vivre à la campagne, qu’est-ce qui t’as pris de venir t’installer dans ce trou perdu ! »

Non. Et on ne veut pas de remise mendiée aux opérateurs, ce qui cautionnerait toujours plus avant l’abandon des lignes. La République, si on veut qu’elle marche (excusez-moi, je n’ai pas pu m’en empêcher) ne se limite pas à l’urbanité. Nous ne sommes pas des sous-citoyens, nous voulons un téléphone et un réseau internet qui fonctionnent comme ailleurs.

Il faut rapidement installer des NDR (nœuds de raccordement) à l’entrée de nos vallées pour rebooster la bande passante, et il faut tout aussi rapidement des lignes entretenues, de l’élagage et des poteaux qui tiennent debout puisque cette fameuse fibre y passera de toutes façons. Rien qu’entre Beaufort-sur-Gervanne et Eygluy, 34 ligatures ont été faites pour « réparer » le câble. Autant de perte de bande passante à chaque fois. Si cela continue, on va se retrouver avec deux pots de yaourt et une ficelle.

Voilà, le diagnostic dont on nous rabâche les oreilles est fait.

La suite, cela s’appelle de l’investissement. Cela s’appelle du service public. Ces résultats ont été obtenus ailleurs, et dans des vallées tout aussi éloignées et profondes que dans la Drôme, dans des régions dont nous devrions nous sentir encore plus solidaires.

Pourquoi ? Parce que tous les représentants élus démocratiquement, à tous les niveaux, ont pris les moyens de communiquer entre eux, ils se sont sortis au pied de biche du labyrinthe franco-français.

Ils ont pu alors se battre avec fraîcheur et efficacité contre la procrastination institutionnalisée voire – pour finir sur une note d’humour, nationalisée.

Du bas de la France d’en bas, Alain Delforge, élu municipal à Eygluy-Escoulin

Ha zut internet a coupé

Orange, service clients en bas débit !

En juin dernier, nous répondions à un courrier ahurissant que la direction clientèle d’Orange nous avait adressé.

Nous avons publié cette réponse argumentée qui détaillait les griefs et qui preuves à l’appui (témoignages et vidéos) démontrait la mauvaise foi de l’opérateur. Nous en avons transmis lien ou copie à l’ensemble de la classe politique concernée (voir liste en fin du message).

5 mois plus tard, Orange n’a toujours pas répondu à ce message, on comprend pourquoi les usagers se plaignent !

Nous avons cependant reçu deux courriers de soutien de la part de : Jacques Chabal, président de la communauté de communes Val’Eyrieux et Hervé Saulignac, député de l’Ardèche dont nous reproduisons les courriers, nous les en remercions chaleureusement.

Nous n’avons obtenu aucune réponse des service de l’État ni du Département, nous y reviendrons dans une prochaine publication.