Mise en avant

Nous appelons tous les citoyens ainsi que les élus à se joindre à notre collectif pour obtenir de l’État que l’accès internet soit reconnu comme service universel vital au même titre que l’eau et l’électricité et le téléphone. Nous exigeons du gestionnaire du réseau, Orange, qu’il restaure le réseau qu’il a négligé, qu’il garantisse un accès fiable et permanent à internet et au téléphone et une remise en service rapide lors des pannes et enfin qu’il assure un accueil et un suivi respectueux de ses clients. Rejoignez Orange j’enrage ! pour dénoncer l’inaction de l’État à défendre les victimes d’Orange. faites entendre votre détresse même si vous n’êtes pas en panne car vous risquez de l’être prochainement. Soutenez nous en vous abonnant et en partageant largement nos publications !

Le collectif “Orange j’enrage !” sera auditionné par la mission parlementaire pilotée par la députée Célia de Lavergne.

   Par , France Bleu Drôme Ardèche

l’interview de Célia de Lavergne sur Radio France Bleu :

La députée de l’arrière-pays drômois Célia de Lavergne prend la tête d’une mission parlementaire “flash” : quatre semaines de consultations pour tenter d’améliorer durablement le service de téléphone fixe dans les zones rurales.

Célia de Lavergne, députée de la 3ème circonscription de la Drôme (image d'archives).
Célia de Lavergne, députée de la 3ème circonscription de la Drôme (image d’archives). © Radio France – Florence Gotschaux
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Célia de Lavergne avait déjà interpellé l’opérateur Orange et lancé l’alerte sur les “oubliés du téléphone fixe” mi-décembre : 210 maires drômois avaient signé avec elle une tribune dans le Journal du Dimanche. Grâce à cette mobilisation, la députée a obtenu la création d’une mission parlementaire sur le sujet et elle en prend la tête.

A partir de ce jeudi et pendant un mois, cette mission va auditionner opérateurs, élus, usagers, comparer avec les voisins européens pour trouver des solutions aux pannes et coupures à rallonge explique Célia De Lavergne : “dans la convention de service, le délai moyen de raccordement est de 12 jours, alors que sur le site d’Orange dans la Drôme on nous annonce 8 mois. Pour la réparation, c’est un délai 48 heures affiché au national, c’est plus de 48 jours dans la Drôme. Nous avons des vraies difficultés et donc je considère que les solutions viennent à la fois des acteurs institutionnels mais aussi du terrain. C’est de là que l’alerte est partie, c’est de là que des solutions concrètes peuvent être proposées. Nous avons 4 semaines pour explorer toutes les pistes possibles. Nous avons l’oreille du gouvernement puisque le ministre Cédric O a lui-même demandé et encouragé cette mission parlementaire. _Les planètes sont alignées. A nous de travailler._

Un service universel pour internet aussi

Orange était tenu jusqu’à début décembre d’assurer le service universel de téléphonie fixe. Mais le contrat avec l’Etat a pris fin. Le prochain service universel mettra a minima 18 mois à se mettre en place : “donc il faut aller assez vite aujourd’hui pour pallier ce vide : qu’est-ce qu’on fait du service de téléphonie fixe ? “ poursuit Célia de Lavergne, “comment on l’améliore ? Comment on s’assure qu’un opérateur le fasse ? Et puis cette mission parlementaire va réfléchir aussi à plus long terme, à un _service universel nouvelle génération_, avec en plus de la téléphonie fixe, un minimum de débit internet disponible pour chaque citoyen.”

Une trentaine d’interlocuteurs doivent être auditionnés par la mission parlementaire d’ici le 10 février. Le collectif ardéchois “Orange, j’enrage” fait par exemple partie des participants.

Nous remercions Célia de Lavergne de consulter le collectif « Orange j’enrage » parmi les acteurs auditionnés par la mission parlementaire qu’elle pilote sur les obligations du service universel des télécommunications.

Le collectif est bien entendu très sensible à l’attention que Célia de Lavergne porte au terrain et à la parole des usagers qui subissent depuis trop longtemps la gestion calamiteuse du réseau par Orange sans être entendu des pouvoirs publics.

C’est avec enthousiasme que nous participerons à cette consultation dont nous attendons beaucoup pour tous les usagers.

Les tartufferies de Philippe Daumas, directeur régional d’Orange sur Radio France Bleu

Philippe Daumas, directeur régional d’Orange s’explique sur Radio France Bleu suite à la tribune publiée dans le JDD signée par Célia de Lavergne, députée ainsi que par 215 maires et élus ruraux de la Drôme.

“C’est pas moi, c’est l’autre” se défend de façon puérile, comme un gamin pris en faute, son directeur régional en défaussant Orange de ses responsabilités.

«Les poteaux cassés c’est la faute à la fibre, plus lourde que le cuivre, qui est mise en place par ADN (Ardèche Drôme Numérique) et les autres opérateurs de téléphonie. »                                                                                                    Les poteaux sont cassés depuis longtemps, certains depuis des années bien avant le déploiement de la fibre dont les travaux ne font que commencer. Chacun a pu constater que les poteaux sont pourris, qu’ils n’ont été ni entretenus ni remplacés depuis des décennies.

«Les câbles rompus et à terre c’est la faute aux propriétaires qui n’élaguent pas les branches. »                                                                                              Nous lui rappelons que en vertu de l’article 85 de la loi du 7 octobre 2016 c’est à Orange que revient la responsabilité d’engager les démarches auprès des propriétaires pour faire réaliser les travaux d’élagage nécessaires, ce qu’il ne fait pas.

Quand la faute n’incombe pas aux autres il ne reste plus à Monsieur Daumas qu’à affirmer des contre-vérités.

Sur l’état du réseau filaire cuivre qui est censé assurer à chaque usager un accès au téléphone fixe et à internet ?                                                        Monsieur Daumas prétend que la Drôme et l’Ardèche bénéficient d’un programme sans précédent… pour l’installation de la fibre et de la couverture du réseau mobile. C’est une pirouette pour esquiver le sujet, c’est à dire l’entretien du réseau cuivre actuel.

Sur les moyens engagés par Orange pour l’entretien du réseau ?                      Orange a recruté massivement déclare Monsieur Daumas, alors que d’après un syndicat ce sont en moyenne 4 000 emplois annuels qui sont supprimés en France par Orange.

Sur les relations avec les élus locaux qui défendent le droit des habitants à un accès au téléphone fixe et à internet ?                                                       Monsieur Daumas affirme qu’il coopère en permanence avec les élus locaux. Ces mêmes élus locaux, aujourd’hui, dénoncent en masse soit l’impossibilité de joindre le référent Orange en cas de problème, soit l’inaction de l’entreprise après signalements des dégâts sur le réseau et des habitants privés de connexion pendant des périodes excessives.

Face à ce déni de la réalité vécue par tant d’usagers désemparés, nous lançons un appel : que soit réalisé un inventaire, commune par commune, de la détérioration du réseau ; le nombre de poteaux tombés, le nombre de km de câbles à terre, le nombre de boîtiers éventrés et le nombre de foyers/maisons qui ne sont plus raccordés au réseau.

Nous exigeons que le réseau public de téléphonie fixe soit réparé aux frais d’Orange et que l’État remplisse pleinement son rôle de contrôle.

 

Célia de Lavergne, députée de la Drôme, interpelle Orange sur RCF

Célia de Lavergne, députée de la Drôme, livre ici une explication limpide des enjeux liés au maintien d’un service universel du téléphone fixe en zones rurales, les manquements d’Orange à ses engagements et les défaillances de l’État à en assurer le contrôle.

Invitée lundi 4 janvier 2021 à l’antenne de RCF Radio

 

Encore un reportage édifiant, au JT de France3 Rhone-Alpes de la réalité vécue par nos communes rurales…

 

Hebdo de l’Ardèche : Les agriculteurs haussent le ton contre Orange !

Par Flora Chaduc dans l’Hebdo de l’Ardèche, édition du 24 décembre 2020

Fanny Métrat, paysanne dans la commune d'Antraigues-sur-Volane, a connu sept longues semaines sans téléphone.

Fanny Métrat, paysanne dans la commune d’Antraigues-sur-Volane, a connu sept longues semaines sans téléphone.
Face aux problèmes réguliers de téléphonie fixe, les paysans montent au créneau.

À Antraigues-sur-Volane, un couple de paysans s’est battu durant plusieurs semaines pour obtenir la réparation de leur ligne téléphonique. Fanny Métrat et son mari habitent et travaillent dans un fond de vallée, à six kilomètres du village. Ils combinent hameau isolé et zone blanche. Autant dire que la téléphonie fixe leur est indispensable. Ils sont pourtant restés sept semaines sans. Aujourd’hui, Fanny pousse un coup de gueule contre Orange et le délabrement du réseau.

Une absence de solution

Fanny Métrat se souviendra longtemps de l’automne 2020 quand, en pleine saison de vente des agneaux, sa ligne téléphonique l’a lâchée. L’éleveuse de brebis et cultivatrice de châtaignes et pommes de terre s’est alors retrouvée isolée, sans possibilité de vente de ses produits en vente directe… Eh oui, sans fixe, pas d’Internet. “Durant sept semaines, nous n’avons pas eu de réseau fixe. On nous a proposé des airbox, de muter les communications sur nos portables… Mais nous sommes en zone blanche, donc ça ne servait à rien !”fustige-t-elle. Plusieurs fois, des techniciens se rendent sur place : la première, le téléphone remarche durant cinq heures, puis s’éteint de nouveau. Parfois, les rendez-vous calés sont annulés au dernier moment par le sous-traitant. À d’autres occasions, les techniciens affirment finalement ne pas pouvoir intervenir. Lorsque Fanny Métrat essaie de rappeler au numéro du sous-traitant, personne ne décroche. Pour couronner le tout, le couple est titulaire d’un abonnement professionnel, mais voit sa situation ne jamais passer en priorité. “Nous avons un voisin en résidence secondaire qui a vu son dépannage se faire plus rapidement que le nôtre, s’exaspère l’agricultrice.Tous les services se renvoyaient la balle et ne comprenaient pas que nous ne puissions pas utiliser notre mobile… Ça me rend dingue : depuis la privatisation, il n’y a aucun entretien des lignes. On pourrait au moins s’attendre à une politique de priorisation pour les entreprises, qui plus est en zone blanche !”

Internet, indispensable

Pour le couple, cela tombe au plus mauvais moment. C’est la période à laquelle il reçoit énormément d’appels pour des commandes d’agneau. “Notre activité a été directement mise en péril : nous sommes tout en vente directe. Les commandes se font par téléphone et internet. Nous avons passé des soirées loin de chez nous, dans la montagne, dans la voiture au village, pour choper du réseau mobile et répondre aux appels. Je ne devrais pas le dire, mais avec mes responsabilités syndicales, j’ai dû aller à l’encontre des mesures sanitaires durant le confinement pour pouvoir assister à des réunions en visioconférences.”

De plus, les agriculteurs aussi sont soumis à une forte dématérialisation de leurs démarches administratives. “La téléphonie et Internet, ce n’est pas que pour du loisir,complète Carole Pouzard, porte-parole de la Confédération Paysanne de l’Ardèche. En agriculture, on travaille de plus en plus avec ça pour les déclarations MSA, à la DDT, etc. Tout ce que l’on fait en administratif passe par Internet”. Peut-être encore plus alors que le confinement battait son plein.

Un problème plus politique que technique ?

Après moult rebondissement, les techniciens découvrent le problème : la ligne est défectueuse car des rongeurs ont mangé le câble protecteur, laissant les fils téléphoniques à la merci des aléas climatiques. “Les six kilomètres défectueux n’ont pas été remplacés, souligne Fanny Métrat. Les techniciens ont seulement fait une déviation pour se raccorder un peu plus loin sur le câble”. Du bricolage en résumé et sept semaines de coupure.

Elle rappelle aussi qu’elle subit des micros-coupures depuis de longues années, et fustige qu’il n’y ait aucun suivi de l’état des lignes téléphoniques. “Ce n’est plus tenable : la mission de service public universel n’existe plus du tout. L’État devrait mettre la pression à Orange. Depuis 11 ans que nous sommes installés, c’est de pire en pire. Ce câble défectueux est toujours là et, dans le hameau, on tombe en panne à tour de rôle. Le satellite, on a essayé, ça ne marche pas non plus. Si Orange ne bouge pas, des hameaux vont être délaissés, souvent habités par des agriculteurs. C’est un problème politique aussi : si l’État tient tant à ses agriculteurs, qu’ils nous donnent les moyens de travailler. En ville, je ne crois pas qu’ils puissent comprendre notre situation”. Ces aléas ont aussi pesé sur le moral de l’éleveuse, qui ne sait pas si elle donnera une suite pénale à cette rupture de réseau. “J’ai tout noté, jour après jour. Pour l’instant, on continue de payer. On pourrait se lancer dans une action, mais je me demande si j’ai l’énergie pour faire reconnaître le manque à gagner engendré par cette situation. Cette histoire nous a épuisés : moralement, ça casse de faire des kilomètres pour téléphoner à Orange et d’avoir l’impression de ne pas être entendu, que personne ne bouge”.

“Il faut mettre la pression sur Orange”

Le témoignage de Fanny Métrat, comme celui d’autres paysans touchés par la même problématique, a été le point de départ d’un courrier envoyé par la Confédération Paysanne de l’Ardèche, adressé au président du Département, Laurent Ughetto. “On veut bien que les aléas climatiques causent un à deux jours de coupure, avance Carole Pouzard pour le syndicat. Mais que ça dure un mois ? On a marre de se faire mener en bateau ! Rien n’est fait, il faut que les élus mettent la pression sur Orange.”Alors que la téléphonie fixe est un problème récurrent pour les agriculteurs, alors que la 5G est en passe d’arriver dans les villes, les paysans, eux, attendent toujours l’ADSL. “On ne va pas attendre 10 ans de plus que la fibre arrive dans nos villages !”

Télécharger l’article complet : cliquer sur l’image

Députés et Sénateurs du Gard interpellent le secrétaire d’État au numérique et le président de l’Arcep

Face à la situation catastrophique du réseau fixe en zones rurales, au moment où le service universel du téléphone doit être élargi à l’internet haut débit et ou le contrat de délégation doit être renégocié avec Orange, les députés et sénateurs des Gard s’inquiètent des méthode d’évaluation qui seront retenues à juste titre quand on voit à quels résultats est parvenu le contrat qui vient de s’achever.

Nous reproduisons intégralement ces courriers dont vous pouvez également  télécharger la version pdf en cliquant sur les liens ci-dessous :

Courrier commun parlementaires gardois – Cédric O

Courrier commun parlementaires gardois – ARCEP

Les députés du Gard M. Olivier GAILLARD, Mme. Françoise DUMA

Les sénateurs du Gard M. Denis BOUAD, Mme. Vivette LOPEZ, M. Laurent BURGOA

à M. Cédric O Secrétaire d’Etat chargé de la Transition Numérique et des Communications électroniques 139, Rue de Bercy 75012 PARISCEDEX 12

Paris, le 15 décembre 2020

Objet: Situation actuelle et l’avenir du service universel de téléphonie fixe.

Monsieur le Ministre d’Etat,

D’une voix portée communément, nous vous saisissons d’une situation que nous déplorons quotidiennement dans nos mandats de parlementaires du Gard. Il ne se passe pas une journée sans que nous soyons interpellés par des usagers du service universel de téléphonie fixe au sujet de pannes, de détériorations prolongées ou répétées sur le réseau fixe cuivre. 

Les interruptions de service de téléphonie fixe pendant deux semaines à trois mois, les raccommodages précaires de fils cuivre usés à l’extrême, n’ont malheureusement rien de nouveau et d’exceptionnel. 

Loin d’être anecdotiques dans le département du Gard, la ruralité et la montagne souffrent particulièrement de ces constats qui ont cours depuis maintenant trop d’années, malgré les engagements pris par Orange.

Aujourd’hui, et à défaut d’observer des améliorations significatives, s’ouvre une période particulièrement déterminante où il conviendra de tirer les conséquences et enseignements. 

A défaut, c’est une partie de la France qui sera tenue à l’écart d’un service public des réseaux de qualité, si essentiel au bien commun et à la dignité de chacun. Nous ne pouvons nous y résigner,surtout à l’heure d’une transition numérique largement entamée. 

Nous savons qu’un nouveau service universel est en cours de préparation. La désignation d’Orange en tant qu’opérateur chargé du service universel de téléphonie fixe s’étant achevée le 3 décembre. Transposant le Code des communication électroniques européen, le nouveau service universel inclura l’accès à la téléphonie fixe mais également l’accès à l’internet en haut débit pour une liste minimale de services, et mobilisera cette fois tous les opérateurs. 

L’annonce d’une nouvelle définition et d’un nouveau cadre ne suffit pas à rassurer celles et ceux –usagers et élus – qui dans leurs territoires sont confrontés quotidiennement aux défaillances du service universel. 

L’opérateur a déjà été mis en demeure de respecter ses obligations de qualité du service universel par une décision de l’Arcep d’octobre 2018. L’état du raccordement au réseau téléphonique et du service associé est toujours aussi tributaire du lieu d’habitation et aussi précaire. Le choix et la nature des indicateurs, tout comme les modalités de leur suivi, n’y sont pas étrangers. La récurrence des dysfonctionnements et pannes, de même que la fragilité des réparations sont insuffisamment prises en compte dans l’évaluation de la qualité du service. 

A l’Assemblée nationale, vous avez pu exprimer votre attachement au maintien du cuivre tant que la couverture à 100% de Ftth n’est pas réalisée. C’est dans ce contexte que l’Arcep a attribué, début décembre, le statut de zone fibrée à deux territoires, première étape vers l’arrêt du cuivre dans les 23 communes de la Loire et les 51 communes de l’Aisne concernées.

Si nous ne déplorons aucune fermeture officielle du cuivre avalisée par l’Etat, bien heureusement, dans les faits nous faisons l’expérienced’un délaissement voire d’un abandon du cuivre. Le plan stratégique 2025 du groupe Orange prévoit le remplacement complet du cuivre par le réseau fibre optique en 2030. D’ici la généralisation de la fibre optique, nous ne pouvons nous permettre de laisser perdurer un réseau cuivre en déliquescence parce que nos concitoyens sont encore nombreux à en dépendre.C’est en vertu des besoins des usagers, des lois de l’égal accès, de l’adaptation et de la continuité, que le service universel se conçoit.

L’Arcep fixera prochainement des obligations de qualité de service, dans une décision dite d’analyse de marché. Orange devra respecter des niveaux de qualité de service vis-à-vis des opérateurs clients pour la construction de nouvelles lignes et la réparation des pannes, et devra naturellement être au niveau attendu par les usagers et les élus locaux. L’autorité régulatrice imposera également à Orange de publier des indicateurs de qualité de service, concernant notamment les délais et les taux de conformité des prestations, ou encore le taux d’incidents mensuels apporté au parc de liaisons. 

Nous vous faisons part de nos interrogations concernant les apports et changements qu’induiront la prochaine décision d’analyse de marché et le cadre renouvelé du service universel.

L’enjeu est que la méthodologie permette un suivi rapproché des situations locales, plus fidèle aux difficultés rencontrées dans les zones rurales en particulier. Pour ce faire, la territorialisation du suivi et de l’évaluation serait toute opportune. Au préalable, l’association des élus de territoires à la redéfinition des obligations du service universel serait un précieux recours. 

Sachant pouvoir compter sur votre attention, nous vous remercions par avance pour votre réponse. 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre d’Etat, l’expression de notre haute considération.

M. Olivier GAILLARD, Mme. Françoise DUMA, députés du Gard

M. Denis BOUAD,Mme. Vivette LOPEZ, M. Laurent BURGOA sénateurs du Gard

 à M. Sébastien SORIANO Président de l’ARCEP Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.14 Rue Gerty Archimède, 75012 PARIS

Paris, le15 décembre2020

Objet: Situation actuelle et l’avenir du service universel de téléphonie fixe.

Monsieur le Président,

D’une voix portée communément, nous vous saisissons d’une situation que nous déplorons quotidiennement dans nos mandats de parlementaires du Gard. Il ne se passe pas une journée sans que nous soyons interpellés par des usagers du service universel de téléphonie fixe au sujet de pannes, de détériorations prolongées ou répétées sur le réseau fixe cuivre. 

Les interruptions de service de téléphonie fixe pendant deux semaines à trois mois, les raccommodages précaires de fils cuivre usés à l’extrême, n’ont malheureusement rien de nouveau et d’exceptionnel. 

Loin d’être anecdotiques dans le département du Gard, la ruralité et la montagne souffrent particulièrement de ces constats qui ont cours depuis maintenant trop d’années, malgré les engagements pris par Orange.

Aujourd’hui,et à défaut d’observer des améliorations significatives, s’ouvre une période particulièrement déterminante où il conviendra d’en tirer les conséquences et enseignements.

A défaut, c’est une partie de la France qui sera tenue à l’écart d’un service public des réseaux de qualité, si essentiel au bien commun et à la dignité de chacun. Nous ne pouvons nous y résigner, surtout à l’heure d’une transition numérique largement entamée. 

Nous savons qu’un nouveau service universel est en cours de préparation. La désignation d’Orange en tant qu’opérateur chargé du service universel s’étant achevée le 3 décembre. Transposant le Code des communication électroniques européen, le nouveau service universel inclura l’accès à la téléphonie fixe mais également l’accès à l’internet en haut débit pour une liste minimale de services, et mobilisera cette fois tous les opérateurs. 

L’annonce d’une nouvelle définition et d’un nouveau cadre ne suffit pas à rassurer celles et ceux – usagers et élus – qui dans leurs territoires sont confrontés quotidiennement aux défaillances du service universel. 

L’opérateur a déjà été mis en demeure de respecter ses obligations de qualité du service par une décision de l’Arcep d’octobre 2018. L’état du raccordement au réseau téléphonique et du service associé est toujours aussi tributaire du lieu d’habitation et aussi précaire. Le choix et la nature des indicateurs, tout comme les modalités de leur suivi, n’y sont pas étrangers. La récurrence des dysfonctionnements et pannes, de même que la fragilité des réparations sont insuffisamment prises en compte dans l’évaluation de la qualité du service. 

A l’Assemblée nationale, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, s’est opposé « à la fermeture du cuivre tant que l’on ne sera pas certain de fournir du 100 % Ftth partout». C’est dans ce contexte que l’Arcep a attribué, début décembre, le statut de zone fibrée à deux territoires, première étape vers l’arrêt du cuivre dans les 23 communes de la Loire et les 51 communes de l’Aisne concernées.

Si nous ne déplorons aucune fermeture officielle du cuivre avalisée par l’Etat, bien heureusement, dans les faits nous faisons l’expérience d’un délaissement voire d’un abandon du cuivre. Le plan stratégique 2025 du groupe Orange prévoit le remplacement complet du cuivre par le réseau fibre optique en 2030. D’ici la généralisation de la fibre optique, nous ne pouvons nous permettre de laisser perdurer un réseau cuivre en déliquescence parce que nos concitoyens sont encore nombreux à en dépendre.C’est en vertu des besoins des usagers, des lois de l’égal accès, de l’adaptation et de la continuité, que le service universel se conçoit.

L’Arcep fixera prochainement des obligations de qualité de service, dans une décision dite d’analyse de marché. Orange devra respecter des niveaux de qualité de service vis-à-vis des opérateurs clients pour la construction de nouvelles lignes et la réparation des pannes, et devra naturellement être au niveau attendu par les usagers et les élus locaux. L’autorité régulatrice imposera également à Orange de publier des indicateurs de qualité de service, concernant notamment les délais et les taux de conformité des prestations, ou encore le taux d’incidents mensuels apporté au parc de liaisons. 

Nous vous faisons part de nos interrogations concernant les apports et changements qu’induiront la prochaine décision d’analyse de marché et le cadre renouvelé du service universel.

Nous apprécierions de nous voire préciser la méthodologie, de la définition des niveaux de qualité à la vérification de la conformité des prestations. L’enjeu est qu’elle permette un suivi rapproché des situations locales, plus fidèle aux difficultés rencontrées dans les zones rurales en particulier. Pour ce faire, la territorialisation du suivi et de l’évaluation serait toute opportune. Au préalable, l’association des élus de territoires à la redéfinition des obligations du service universel serait un précieux recours. 

Vous remerciant par avance pour votre attention,nous comptons vivement sur les éléments précis que vous serez en mesure de porter à notre connaissance. 

M. Olivier GAILLARD, Mme. Françoise DUMA, députés du Gard

M. Denis BOUAD,Mme. Vivette LOPEZ, M. Laurent BURGOA sénateurs du Gard

Radio France bleu : Orange respecte-t-il ses obligations dans les communes de Drôme et d’Ardèche ?

– Mis à jour le

Orange est dans l’obligation d’assurer le téléphone fixe à toute personne qui en fait la demande. En milieu rural, ce n’est plus le cas. Et de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les dysfonctionnements.

Photo d'illustration
Photo d’illustration© Radio France- Florence Gotschaux
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La colère monte depuis longtemps chez les abonnés privés parfois de téléphone fixe pendant plusieurs mois tout en étant obligés de payer leur facture. Une colère relayée par les maires qui se trouvent impuissants face à Orange. Les réclamations n’aboutissent pas toujours et la situation se dégrade.

Avant les fêtes de fin d’année, 216 maires ruraux de la Drôme ont dénoncé les dysfonctionnements en matière de téléphonie fixe dans une tribune initiée par la députée de la Drôme Célia de Lavergne.

Un quart des poteaux Orange en milieu rural sont défaillants

Il faut dire que le réseau filaire est dans un état peu enviable dans la Drôme et en Ardèche. Des fils à terre, des poteaux endommagés. Le syndicat Ardèche Drôme Numérique  (ADN) qui est en train d’installer la fibre en milieu rural et qui utilise le réseau Orange estime que 25%  des poteaux sont inutilisables parce que trop dégradés.

ADN pour pouvoir utiliser le réseau paie donc en partie le remplacement des poteaux défectueux. Autrement dit Orange fait financer par de l’argent public une partie de la rénovation de son réseau.

Le problème de l’élagage

Le problème récurrent reste celui de l’élagage. Orange explique qu’il n’est pas responsable de l’élagage qui permet de protéger les lignes. Faux répond le secrétaire départemental CGT des télécoms : l’élagage doit être fait par les propriétaires des terrains où sont situées les lignes. Mais si le travail n’est pas réalisé alors Orange doit se substituer pour protéger ses installations. Chacun en tout cas se renvoie la balle et sans entretien, le moindre coup de vent peut avoir des conséquences importantes.

Orange invoque l’épisode neigeux du 14 novembre 2019

Orange explique que la dégradation du réseau est du en partie aux épisodes neigeux successifs et notamment à celui du 14 novembre 2019. Une neige très lourde avait fortement endommagé les réseaux aériens dont celui d’Orange. Mais les maires dénoncent un manque d’investissement ancien et l’impossibilité aujourd’hui de rattraper le retard accumulé.

Hebdo de l’Ardèche – Téléphonie fixe l’Ardèche abandonnée

Des fils en vrac et une boîte de connexion ouverte après l’intervention demandée, c’est un exemple des réparations faites par un sous-traitant d’Orange.– Photo d’archives
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Orange aux abonnés absents

Par Flora Chaduc dans l’Hebdo de l’Ardèche, édition du 24 décembre 2020
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Les députés ardéchois dénoncent un abandon par Orange du réseau téléphonique filaire. Ils dressent un état des lieux alarmant de la situation et somment l’opérateur d’intervenir rapidement.

À Sagnes-et-Goudoulet, Isabelle Lévêque, maire du village depuis les dernières élections municipales, connaît de gros problèmes de téléphonie, à l’instar de Fanny Métrat à Antraigues-sur-Volane. Depuis trois ans, elle n’a plus de fixe et capte Internet par un routeur. Elle déplore que face à Orange, “on se bat contre des moulins à vent”. Pire, élue ou pas élue, elle constate un dialogue complètement rompu avec l’opérateur. “Ce n’est pas comme avec EDF. Avec Orange, il n’y a pas d’interlocuteur, pas de discussion. On peut dire qu’ils sont aux abonnés absents, lâche-t-elle.Ne pas avoir de fixe, à la limite, c’est faisable si les usagers peuvent capter le réseau mobile. Mais quand ce n’est pas possible, quand l’antenne est hors-service ou indisponible un temps, c’est de la non-assistance aux personnes ! Comment faire si on ne peut pas appeler pompiers ou médecins ?”La seule façon de se faire entendre semble de se tourner vers les députés ardéchois, en première ligne sur ces questions.

Le bon moment pour mettre la pression

“On pourrait aussi citer les communes de Lachamp-Raphaël et Borne où le téléphone fixe a été coupé jusqu’à des mois. Des particuliers aussi me saisissent, remarque Fabrice Brun, député de la 3ecirconscription de l’Ardèche. Mais nous, députés, ne sommes pas le service après-vente des opérateurs !” “C’est le sujet qui revient le plus, avec la santé, dans les échanges avec les habitants”confirme Hervé Saulignac, député de la 1recirconscription ardéchoise. Il estime que 80 % du territoire ardéchois est concerné par des dysfonctionnements ou menacé d’avoir un réseau de téléphonie fixe coupé. “Toute l’architecture cuivre risque de tomber ! Car il y a ce que l’on voit dans le paysage avec des câbles parterre, mais aussi des centres de téléphonie dégradés, des lignes et poteaux ”qui secouent””. En un mot comme en cent : des zones entières pourraient se retrouver sans rien.

Si le sujet revient sur le devant de la scène depuis quelques jours, c’est aussi grâce à une tribune de la députée drômoise Célia de Lavergne, cosignée par 216 maires ruraux de son département, qui demande à Orange de remettre des moyens dans la téléphonie fixe filaire. “Tous les trois ans, une nouvelle convention est signée entre l’État et Orange. Elle fixe des objectifs pour parvenir au service universel que doit être la téléphonie fixe, au même titre que l’accès à l’électricité. La convention s’arrête en cette fin d’année avant une nouvelle pour la période 2021-2023. Célia de Lavergne a relancé le sujet car c’est le bon moment pour mettre la pression”explique Fabrice Brun.

Durcir les exigences

Afin de remédier à cette situation intenable, les députés souhaitent ajouter de nouvelles contraintes à Orange dans le cadre de la prochaine convention, comme des objectifs au niveau départemental : nombre de kilomètres à entretenir, de poteaux à remplacer, temps d’intervention maximum, voies de recours pour l’utilisateur… Si un réel bras de fer s’est engagé avec Orange, il semble plutôt pencher du côté du géant mondial des télécoms que du côté des territoires ruraux. “Orange peut dire, ”je me retire”. Sauf qu’aucun autre opérateur ne viendra sur la téléphonie fixe. Ça ne rapporte rien. En réalité, l’État n’est pas en position de force, analyse Hervé Saulignac, également vice-président de la commission supérieure du numérique et des postes (dont la mission consiste à contrôler les activités postales et de communications électroniques). Comme Orange déploie la fibre, il se dit que ce n’est plus la peine d’entretenir sur le filaire. Mais il reste des années avant que la fibre n’arrive partout. Et puis, Orange nous parle des intempéries : oui, l’Ardèche subit des aléas climatiques, mais c’était aussi le cas quand j’étais jeune ! Sauf qu’à l’époque le réseau était solide. Là, la météo a plus d’incidence sur un réseau devenu fragile”. Et Fabrice Brun d’abonder : “Il faut que les territoires ruraux, en pentes et de montagne soient présents dans la négociation de la nouvelle convention”. En effet, si la fibre arrive bientôt dans tous les territoires, les communes les plus escarpées pourraient certainement se servir des câbles aériens pour faire venir cette nouvelle technologie. Il faut donc un réseau stable et entretenu… avant un dernier paradoxe dans cette histoire : “les gens ne comprennent pas comment le département peut être dans le Top 10 en développement de la fibre sur son territoire, mais aussi dans le Top 5 des territoires les plus sinistrés en matière de téléphonie filaire” affiche Hervé Saulignac.

Vers des amendes ?

Néanmoins, une solution existe pour obliger Orange à tenir ses engagements. Cette solution s’appelle l’Arcep : l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Une sorte de gendarme du numérique qui a déjà mis en demeure Orange pour ce type de problème en 2018. Mais pour Hervé Saulignac, il faut aller plus loin dans la démarche : “Il faut que l’Arcep ait le courage de condamner Orange à une amende financière de plusieurs millions d’euros sur son chiffre d’affaires. Ce montant doit être supérieur aux investissements financiers nécessaires pour réparer le réseau téléphonique. Ce serait alors dans l’intérêt d’Orange d’agir sur ses réseaux plutôt que de payer une amende…”

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Téléphonie en zones rurales et 5G : Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire sur France Inter

Sur France Inter, Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire, évoque la situation désastreuse du réseau de téléphonie fixe en milieu rural au regard de l’engouement pour la 5G.