Mise en avant

Nous appelons tous les citoyens ainsi que les élus à se joindre à notre collectif pour obtenir de l’État que l’accès internet soit reconnu comme service universel vital au même titre que l’eau et l’électricité et le téléphone. Nous exigeons du gestionnaire du réseau, Orange, qu’il restaure le réseau qu’il a négligé, qu’il garantisse un accès fiable et permanent à internet et au téléphone et une remise en service rapide lors des pannes et enfin qu’il assure un accueil et un suivi respectueux de ses clients. Rejoignez Orange j’enrage ! pour dénoncer l’inaction de l’État à défendre les victimes d’Orange. faites entendre votre détresse même si vous n’êtes pas en panne car vous risquez de l’être prochainement. Soutenez nous en vous abonnant et en partageant largement nos publications !

Orange : le chaud et le froid

Nous n’avons pas eu le temps de rédiger un article sur ce que nous considérons comme de bonnes nouvelles que se produit un accident gravissime : une panne géante affectant les numéros d’urgence dans tout le pays.

Commençons donc par les bonnes nouvelles : le plan d’action annoncé fin mai par Orange visant à améliorer la qualité du réseau cuivre. ENFIN ! Enfin l’objet de notre bataille depuis presque 2 ans devient une évidence pour l’État et pour l’opérateur : le réseau cuivre est le seul réseau qui donne accès au téléphone fixe et à internet à des millions de citoyens habitant dans les zones rurales, il était donc vital de le restaurer et de l’entretenir. Pour le détail des annonces voir : Plan de relance qualité du réseau cuivre, ministère de l’économie et des finances.

Rappelons que nous avons lancé l’alerte en octobre 2019 sur les pannes prolongées et à répétition que nous subissons et qu’à ce moment-là nous n’avons pas reçu de soutien de la plupart des élus locaux que nous avons sollicités. Un élu nous a dit ” vous savez à qui vous vous attaquez ? à un MONSTRE ! Orange est une multinationale qui engrange des milliards de bénéfice en Afrique et en Israël, que comptent les quelques milliers d’habitants de zones rurales en France ? ” Nous sommes donc soulagés de voir qu’aujourd’hui ministres et élus s’accordent pour exiger d’Orange l’application du service universel du téléphone et d’internet à l’ensemble des citoyens de ce pays. Bien entendu nous restons vigilants sur la concrétisation des actions annoncées, en notant d’ores et déjà que les collectifs d’usagers ne font pas partie des instances créées pour évaluer la situation de la téléphonie dans chaque département.

Cependant, la proposition de fournir un téléphone mobile aux abonnés en panne ne doit pas être un prétexte pour ne pas réparer dans des délais décents le réseau, d’autant que les plus touchés sont justement ceux qui n’ont pas de réception mobile correcte et à qui cette proposition fait une belle jambe.

Quant au froid ce n’est malheureusement pas une métaphore puisque plusieurs personnes seraient décédées à cause de la panne qui a mis hors service pendant 7 heures tous les numéros d’urgence.

Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, dénonce un accident qui était prévisible : Je le répète depuis des années. J’ai vécu la période de France Télécom, des PTT, d’un opérateur public unique. C’était notre interlocuteur, nous pouvions discuter avec lui de la sécurisation de notre système. Aujourd’hui, nous avons plusieurs opérateurs, quatre grands opérateurs, c’est très compliqué pour nous. Et l’État n’a pas pris ses responsabilités et n’a pas imposé à ces opérateurs des investissements pour assurer la sécurité des secours de la population. Aujourd’hui, le système téléphonique est piloté par informatique. On sait que l’informatique nous apporte de grands bénéfices, mais que ce sont des systèmes fragiles et qu’il faut absolument, pour des missions qui sont des missions essentielles pour la population, s’assurer d’une sécurisation du système. Et pour cela, il faut des investissements lourds. Mais entre l’État qui nous demande des économies et des opérateurs téléphoniques qui ne pensent qu’à gagner les parts de marché, on ne sécurise pas les numéros essentiels pour la sécurité de la population. Et ça, c’est scandaleux.” voir entretien sur France Info.

Les syndicats d’Orange pointent quant à eux une politique industrielle défaillante qui a conduit à la perte de maîtrise des réseaux. La CGT FAPT dénonce en bloc « un sous-investissement chronique dans les réseaux », une « politique de l’emploi mortifère et des pertes de savoir-faire qui rallongent les délais de rétablissement », des « exigences de délais qui suppriment les tests en amont » ainsi que « le transfert massif d’activités vers les constructeurs et vers la sous-traitance offshore qui accentuent toujours plus la perte de maîtrise sur nos infrastructures ». « L’État a bon dos aujourd’hui de s’offusquer (…) alors qu’en tant que premier actionnaire il a toujours validé les plans d’économie d’Orange depuis 20 ans et encouragé une politique de dividendes forts comme cela est le cas encore en 2021 », s’insurge le syndicat. voir l’article dans “20minutes”

Ce même constat nous a conduit (lorsque nous avons été auditionné par la commission parlementaire sur le service universel de téléphonie) à proposer une autre structuration des réseaux de téléphonie : séparer l’activité de gestion du réseau de celle du fournisseur d’accès en créant une structure à l’image d’Enedis, nationalisée, qui serait propriétaire des réseaux de téléphone et qui serait la seule habilitée à intervenir sur le réseau. Cette solution nous apparaît plus que jamais être la plus appropriée pour retrouver un contrôle complet du service de téléphonie fixe en France. Voir : notre rapport remis à la mission parlementaire en février 2021

Villeurbanne : Orange prive de téléphone plus d’une centaine de personnes âgées pendant 49 jours

À Villeurbanne une nouvelle résidence pour personnes âgées a ouvert le mois dernier. Il s’agit d’une résidence autonomie gérée par le centre d’action sociale de la Ville de Villeurbanne, un projet d’envergure avec 138 logements, un chantier qui a duré 3 ans, de 2018 à 2021.

Notre mère a vécu le déménagement de l’ancienne résidence Château Gaillard à la nouvelle située rue Michel Dupeuble, 150 mètres de distance séparant les deux. Un mois avant le déménagement nous demandons à Orange le transfert de son abonnement téléphone et internet, une opération que nous connaissons bien et qui nécessite d’habitude une semaine. Après de multiples appels et des réponses variées selon les opérateurs, on nous dit qu’il n’y a pas de transfert possible car l’immeuble n’est pas connecté.

En effet, nous apprenons qu’aucun des résidents, quelque soit son opérateur, n’a pu obtenir le transfert de sa ligne téléphonique et que même le personnel de la résidence ne peut déménager ses bureaux faute de téléphone et d’internet !

C’est le jour du déménagement de ma mère que nous avons eu l’explication grâce  au courrier adressé par Orange à la Ville de Villeurbanne : Orange a purement et simplement OUBLIÉ de transmettre l’information qu’il venait d’installer la fibre dans cet immeuble ! Information non transmise aux autres opérateurs et à son propre service commercial (voir courrier d’Orange en fin d’article).

Nous rappelons que le chantier a duré 3 ans, un temps suffisant il nous semble pour anticiper la mise en service.

A  ce jour aucune des personnes âgées n’a la possibilité de se servir d’un téléphone fixe, dans une période où les perturbations liées à la fois au déménagement et au confinement, rendent vital de rester en  communication avec sa famille.

Nous décidons alors de faire une RÉCLAMATION auprès d’Orange,  afin que les jours sans connexion soient déduits du prélèvement.  Voici le compte-rendu de cette démarche:

1) en cliquant sur FAIRE UNE  RÉCLAMATION nous sommes directement dirigées sur une messagerie instantanée, lorsque nous demandons un formulaire de réclamation, on nous donne un lien…

2) … qui renvoie à cette même messagerie instantanée

3) …nous insistons pour déposer une réclamation, on nous soumet un autre lien…

4) …qui nous adresse au Médiateur, indiquant qu’il ne peut se saisir d’un dossier que si en préalable a été déposé… une RÉCLAMATION !

Joli tour de passe-passe n’est-il pas ? La seule manière de faire une réclamation à Orange est donc de prendre sa plume et de timbrer son courrier pour qu’il parvienne au service réclamation (Service recours consommateur Orange fixe 33732 Bordeaux Cedex 9). Ah c’est beau comme une multinationale à la pointe des nouvelles technologies !

En attendant, plus d’une centaine de personnes âgées seront restées 49 JOURS sans téléphone fixe (si Orange tient sa promesse de mise en service au 19 mai 2021),  donc sans possibilité de joindre  le 3900 et la plupart sans téléphone portable, donnée superbement ignorée par le directeur d’Orange qui a l’affront  d’offrir 200go de data à des gens dont la moyenne d’âge se situe au-delà de 80 ans.

Véronique et Pascale Puéchavy

Chacun appréciera avec quelle désinvolture Orange traite ses clients âgés !

Il est inadmissible de laisser ORANGE sans contrôle extérieur

Bonjour à tous,

L’état du réseau est déplorable et ORANGE fait tout pour le dissimuler à coup de propagande et d’un verbiage rodé.

Madame De Lavergne est notre seul espoir pour le moment, la seule à oser contrer l’immobilisme courtois d’ORANGE et du seul contre-pouvoir l’ARCEP, cette dernière semblant totalement impuissante ou tout du moins muselée par quelqu’un en haute sphère.

La privatisation démontre un impact délétère sur la qualité de service et la volonté de ne pas investir pour une question de rentabilité dans le cuivre, alors que ce cuivre va encore servir au moins pour 10 ans le temps de sécuriser la transition vers la fibre optique.

Parlons en de cette transition : c’est une arlésienne….. les retards s’enchaînent, et les retards de la première tranche de déploiement impacte directement actuellement la tranche suivante, par effet de domino….. le projet en Bretagne piloté par MEGALIS a pris énormément de retard, alors que dans le même temps le réseau en cuivre tombe en morceaux avec des pannes graves, obligeant certaines personnes âgées à basculer brutalement sur un smartphone pour espérer conserver un lien avec notamment les services de secours à la personne à domicile.

Moi çà me révolte car le constat a été fait au niveau national, cad que le réseau cuivre n’est pas entretenu à la hauteur de ce qu’il devrait, que la qualité de service s’effondre, et notamment la fiabilité du réseau cuivre est fortement compromise, et personne ne fait rien véritablement au niveau de l’Etat, sauf Madame De Lavergne dont on voit bien qu’elle marche sur des oeufs.

Il est inadmissible de laisser ORANGE sans contrôle extérieur. ORANGE est à la fois juge et partie dans cette affaire, et le seul organisme de régulation l’ARCEP semble totalement inutile. Que se passe t il réellement ?

En attendant, ORANGE perçoit les redevances des autres opérateurs pour entretenir le cuivre, et continue aussi à percevoir les abonnements de tous ces français qui paient désormais un service relativement cher par rapport à la qualité du service distribué : quand on a 2 ou 3 Mbits/s d’Internet sur l’ADSL, alors que 5 ans avant on avait 6 Mbits/s il est légitime de s’interroger et d’être en colère contre l’opérateur historique.

Mais que se passe-t-il réellement ? Ne faudrait-il pas que les services essentiels tels que les télécommunications, l’eau, l’énergie soient à nouveau dans le giron de l’Etat pour sécuriser les investissements à longs termes ?

Car disons le honnêtement, les privatisations, quelque soit le secteur, amènent à ce genre de constatations : le profit avant tout, pour servir les actionnaires, au dépend des investissements structuraux, sur le terrain, au dépend d’orientations écologiques également coûteuses. Rentabilité versus sécurisation …… Nous touchons du doigt les limites de la politique libérale, voilà tout.

Cordialement
Stéphane PESNEL

Orange : le plan d’action du gouvernement aux abonnés absents

Suite à la mission parlementaire, Madame Célia de Lavergne députée de la Drôme a remis ses conclusions le 10 février à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement s’est alors engagé à proposer un plan d’action “d’ici la mi-mars“, nous sommes fin avril et il ne s’est toujours rien passé.

355 élus, députés, sénateurs, conseillers départementaux et maires ont eu beau s’adresser au premier ministre la semaine dernière pour relancer le processus, c’est l’autisme total qui règne à la tête de l’État.

Orange bénéficie-t-il d’impunité ou bien de complaisance ?

Orange : face aux promesses non tenues du gouvernement, 355 élus interpellent le Premier ministre

À la suite de la mission parlementaire confiée à Madame Célia de Lavergne députée de la Drôme, la rapporteure a remis ses conclusions et les a commentées le 10 février à l’Assemblée nationale.

De nombreuses personnes ont été auditionnées pour dresser un état des lieux et faire des propositions d’amélioration de la situation catastrophique du réseau de téléphone et d’internet en zones rurales.

Nos collectifs ont été auditionnés et ont remis chacun des réponses aux questions  posées : Orange j’enrage et  Les Oubliés d’Orange ont remis un rapport commun de 30 pages dans le cadre de cette consultation.

Le ministre Cédric O s’était engagé à présenter un plan d’actions à la mi mars.

Nous arrivons fin avril et toujours rien ne s’est passé. La colère gronde et les usagers n’en peuvent plus de subir cette situation.

Tous les députés, tous les sénateurs et de nombreux maires de tous bords co-signent une lettre adressée ce mardi au Premier ministre Jean Castex. 

Monsieur Jean CASTEX

Premier Ministre Hôtel de Matignon 57 rue de Varenne 75007 Paris 

Le 20 avril 2021

Objet : Garantir l’accès à la téléphonie fixe aux territoires ruraux

Monsieur le Premier Ministre,

Depuis de trop nombreuses années, nos territoires ruraux subissent la dégradation, par manque d’entretien, de maintenance et d’investissements, du réseau historique cuivre de téléphonie. Cet accès aux télécommunications de base est pourtant essentiel.

Avec la pandémie de Covid19, nous vivons une situation accrue d’urgence, où nos concitoyens sont isolés, et où la téléphonie et internet sont plus que jamais essentiels au quotidien comme à la cohésion sociale. Face à ce contexte détérioré et dangereux, les élus drômois et ardéchois ont depuis plusieurs années tiré la sonnette d’alarme: intervention de l’association des maires de la Drôme auprès de la Direction régionale d’Orange après un recensement des dysfonctionnements constatés par les élus; interventions des parlementaires drômois et ardéchois tant auprès d’Orange qu’auprès du gouvernement (courriers, questions parlementaires). Les services déconcentrés de l’État dans la Drôme et dans l’Ardèche se sont aussi saisis du problème et ont organisé des réunions avec les responsables territoriaux d’Orange, sans que cela modifie la situation.

Aussi, en décembre dernier, avec 210 maires de la Drôme rejoints par les parlementaires et plus de 210 maires ardéchois, une démarche collective a été engagée pour faire entendre cette problématique, qui fait écho aux difficultés rencontrées dans de trop nombreux départements français, tels que la LoireAtlantique, les Landes, PyrénéesAtlantiques ou le Var.

Cette situation est devenue inacceptable.Pour lasécurité des personnes tout d’abord, en particulier celles dépendantes dutéléphone fixepour alerter en cas de danger, telles que les personnes âgées privées de télésurveillancedans des zones reculées. Sur le lien social ensuite, en accentuant l’isolement, quis’est fait ressentirde manièreaccruedans la période de crise sanitaire que nous traversons. Etenfinsur les fondements mêmes de la promesse républicaine, de la confianceen nos institutions, du respect de la loi, qui prévoit un égal accès de tous aux services publics et à la vie économique du pays.

Si la loi prévoit que l’accès à la téléphonie fixe doit être fourni à chaque citoyen, les modalités de mise en œuvre de cette disposition ont suscité des inégalités territoriales criantes. Là où le délai de raccordement est censé être de 48h, il n’est pasrare que nos communesaient des délais affichés de plusieurs semaines, si tant est que nous ayons une réponse. Les délais de raccordement courent, eux, sur plusieurs mois, sans apporter d’autres solutions aux demandeurs.

Nous ne souhaitons plus être considérés comme des citoyens de seconde zone. Si la fibre doit arriver et irriguer nos territoires dans les prochaines années, elle ne sera effective dans les zones les plus touchées que d’ici 5 à 10 ans. Une solution de court terme doit être identifiée.

L’opérateur Orange, responsable du réseau d’infrastructures et jusque décembre dernier tenu par une convention de service universel, doit s’engager,  sous l’impulsion du gouvernement.La mobilisation des élus drômois et ardéchois a permis la réalisation en janvier d’une mission« flash »parla Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale, pour dresser un état des lieux, concerter les acteurs impliqués, et proposer des solutions pragmatiques concrètes et rapides pour améliorer la situation sur le terrain.Les conclusions de ce travail ont été rendues au Gouvernement le 10 février2021, et ont donné lieu à l’annonce de discussions avec Orange à mener en vue d’un plan d’action, par le Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques,Cédric O.

 À cet égard, et malgré la mobilisation et le travail constant du MinistreCédric Oet de ses équipes, l’attente d’actions de la part d’Orange est trop longue. Chaque jour passé en l’attente de ces annonces est un joursupplémentaire,un jour de trop,où l’inadmissibleperdure: personnes isolées, médicalement mises en danger, privéesd’enseignement à distance, entravées dans leurs missions de service public comme dans leurs activités professionnelles.

L’incompréhension grandit face à la longueur de l’attente de réponses concrètes et à la hauteur des enjeux, si longtemps reportées depuis la fin de la dernière convention de service universel entre l’État et Orange, qui remonte à plus de quatre mois désormais. Quatre mois pendant lesquels nos territoires se sentent plus que jamais oubliés.La Présidente de l’Arcep, Laure de La Raudière, est venue sur nos territoires, en Drôme puis en Ardèche, constater nos difficultés et dire son soutien face à cette situation dégradée.

Si nous vous écrivonsaujourd’hui c’est pour vous livrer cettecrue réalité du terrain: l’angoisse, la crainte, l’inquiétude légitime des personnes qui ne peuvent pas appeler les secours, etl’usure, la lassitude et parfois même la colère des élus locaux face au manque de considération, et au premier plan desquels les Maires qui sont confrontés à ces situations au quotidien dans leurs relations avec leurs administrés.

Il est indispensable que des moyens techniques, humains et financiers dédiés à la maintenance et l’entretien du réseau cuivre soient identifiés et mobilisés  rapidement, ainsiqu’une gouvernance locale de suivi et de contrôle de ces moyens associant élus nationaux et locaux, département par département soit installée, sous l’égide des Préfets.Nous, élus, avons également besoin au quotidien d’interlocuteurs chez Orange, dotés de réels pouvoir de programmation des opérations sur le terrain.

Pour un service universel qui porte son nom, effectif sur tous les territoires, nous faisons désormais appel à vous, Monsieur le Premier Ministre, car nous savons votre sensibilité à cette thématique et nous savons compter sur vous pour porter l’exigence et l’ambition d’un égal accès au droitdans la dernière ligne des négociations avec l’opérateur Orange.

Restants à votre entière disposition pour tout échange sur le sujet, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de nos respectueuses salutations.

355 Signataires 

Télécharger le courrier avec les noms de tous les élus signataires.

Le Monde : La fin du réseau cuivre met Orange sous pression

L’opérateur historique, qui entend passer progressivement au 100 % fibre, se voit reprocher par le gendarme français des télécommunications une qualité de service « particulièrement dégradée à certains endroits ».

Par 

Une boutique Orange, à Paris, le 19 mars 2021.

Pour Orange, c’est une petite musique qui revient un peu trop régulièrement. Alors que l’opérateur historique s’est engagé, fin 2019, à supprimer le réseau cuivre dont il est propriétaire d’ici à 2030, au profit de la fibre, il se voit régulièrement reprocher de conduire ce chantier au mépris de ses clients restés fidèles à la technologie la plus ancienne. Le constat n’est pas nouveau. En 2018, déjà, cela lui avait valu une mise en demeure de la part de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), le gendarme français des télécoms.

Ces derniers mois, cependant, avec les confinements, qui ont souligné l’importance pour chacun de disposer de moyens de communication de qualité, la pression s’est accentuée sur Orange. L’enjeu n’est pas mince : on compte encore 20 millions de lignes cuivre en activité, tous opérateurs confondus, pour 40 millions de logements ou entreprises.

Dans un rapport publié jeudi 8 avril, l’Arcep décrit le réseau cuivre, dont Orange est le responsable, comme « vieillissant », avec une qualité de service « particulièrement dégradée à certains endroits ». Ce ne sont que quelques lignes dans un rapport de 120 pages, mais elles sont révélatrices.

« Une situation qui n’est pas acceptable »

Le 24 mars, Laure de la Raudière, auditionnée au Sénat par la Commission de l’aménagement du territoire, après sa nomination à la tête de l’Arcep, n’avait pas dissimulé ses intentions : « La qualité du réseau cuivre est l’une de nos préoccupations majeures. C’est une situation qui n’est pas acceptable. »

Le mécontentement grandit aussi à l’Assemblée. Chargée d’une « mission flash » sur le sujet, la députée de la Drôme Célia de Lavergne (LRM) évoque « la colère montante issue des territoires, en particulier hyper-ruraux, qui subissent depuis des années la dégradation de l’entretien et de la maintenance du réseau historique sur cuivre ». Elle estime qu’Orange « est insuffisamment incité à remplir ses obligations avec sérieux » et propose d’instaurer un système de sanctions.

L’Arcep ne méconnaît pas les efforts qui sont demandés aux opérateurs pour assurer une meilleure connectivité aux Français. Concernant la fibre, 6 millions de nouvelles prises ont été installées malgré la crise sanitaire, un record à l’échelle nationale. Sur le déploiement de la 4G en zones blanches, la Fédération française des télécoms souligne également que l’objectif assigné par le gouvernement a été dépassé sur la période, évoquant, par exemple, un pylône installé pour desservir seulement 21 habitants dans le Jura.

Chez Orange, on ressent la pression des autorités, mais surtout celle des consommateurs. « Plus que jamais, nos clients ont besoin de connectivité et on l’entend parfaitement. Une interruption de service de plusieurs jours est insupportable. On ne va pas abandonner des clients dans les territoires », assure Marc Blanchet, directeur technique d’Orange. Pour illustrer le fait que son entreprise continue à s’investir dans cette infrastructure, il rappelle que, « chez Orange, on effectue une intervention sur le cuivre toutes les deux secondes ».

Nouvelle génération de communication

Pour autant, l’entreprise assume entièrement son choix : pour le client, la fibre assure davantage de débit. Du point de vue de l’opérateur, la décision a du sens. Chaque année, cela lui coûte 500 millions d’euros de maintenir un réseau cuivre plus fragile que la fibre, alors que de moins en moins de clients y recourent. En outre, le réseau cuivre est dix fois plus consommateur en énergie que la fibre, selon M. Blanchet.

Pour parvenir à ses fins, Orange est persuadé qu’il ne s’agit pas d’un pari technique vu le rythme de déploiement de la fibre (95 % du territoire sera couvert par les opérateurs d’ici à 2025, d’après Marc Blanchet). Certes, il faut aussi gérer les effets de bord comme les systèmes d’alarme des ascenseurs ou ceux d’alerte pour les personnes âgées reliés au réseau cuivre. Sur tous ces cas d’espèce, Marc Blanchet soutient qu’il existe déjà des offres alternatives. Mais le principal travail serait de persuader les consommateurs de passer à cette nouvelle génération de communication.

Une première expérience a été menée dans les Yvelines, à Lévis-Saint-Nom, 1 700 âmes. En six mois, 100 % des habitants sont passés à la fibre. Le village était certes déjà entièrement équipé depuis 2016, mais la maire, Anne Grignon, a tenu à s’assurer que cette bascule « soit neutre en coût et en qualité de service, que personne ne voit sa ligne coupée ». La mairie a elle-même participé à l’information de ses administrés pour les convaincre du bienfait du projet. Toutefois, l’édile assure qu’aujourd’hui aucun d’eux ne se montre insatisfait. Reste à reproduire l’expérience dans les territoires les plus mécontents.

Réaction :

Comment faut-il expliquer aux journalistes que “ses clients restés fidèles à la technologie la plus ancienne” ne le sont pas par choix délibéré ?
Que c’est simplement qu’ils n’ont aujourd’hui pas d’autre alternative et que le déploiement de la fibre va prendre encore entre 5 et 10 ans pour raccorder tout le monde. Si tant est que tout le monde soit raccordé un jour !

Orange a réussi à enfumer suffisamment tout le monde, journalistes, politiques, usagers.

Les parisiens qui n’ont pas passé le périphérique ne peuvent pas comprendre que des milliers de français sont tout simplement privés de connexion car Orange n’entretien plus son réseau cuivre et que les alternatives techniques ne sont pas là.

Et ni le gouvernement, ni l’Arcep ne viennent contredire les propos mensongers des dirigeants d’Orange et contraindre l’opérateur à assurer un service digne d’un pays “avancé”.

 

En zone blanche, la détresse d’une mère de famille

 

   le 07/04/2021

Coupée d’internet et dans une zone où le réseau téléphonique passe mal, Marianne Drouilly s’est retrouvée dans une situation qui aurait pu avoir des conséquences tragiques.

C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, comme l’on dit quand une situation perdure, jusqu’au jour où l’on se met en colère. C’est ce qui vient d’arriver à Marianne Drouilly, ingénieure de formation dans le thermique et l’informatique, une jeune mère de famille de trois enfants installée au hameau du Tracol, sur la commune de Vernoux. Ce hameau composé de quelques maisons est situé à quelques kilomètres du bourg centre.

Marianne exprime sa colère, mais aussi son désarroi, voire son impuissance. « Le 30 mars, j’ai eu à vivre un épisode dramatique, qui aurait pu être tragique. Au Tracol, nous sommes en zone blanche, la 3G et le téléphone portable passent de façon aléatoire et limitée. Depuis que des techniciens d’Orange, plus précisément, l’entreprise sous-traitante Constructel, sont intervenus, internet et la ligne téléphonique fixe ne fonctionnent plus, et cela depuis le 20 février dernier. »

« Le bébé convulsait dans mes bras »

La jeune mère de famille est en colère et surtout s’est trouvée impuissante.

« Le 30 mars à 7 h 20, ma fille Léa, 13 mois, a eu des convulsions. Pour appeler le Samu, j’ai dû aller sur la terrasse avec le bébé qui convulsait dans les bras, car le téléphone portable ne passe pas dans la maison et la ligne fixe est en panne. J’ai dû attendre, toujours dehors que le médecin du Samu me rappelle. Il a voulu faire un appel vidéo, mais cela n’a pas marché car il n’y avait pas internet. »

Marianne se dit scandalisée qu’en plus d’un mois, la situation n’ai pas été résolue. Selon elle, « il suffirait d’un peu de bonne volonté car les problèmes techniques sont connus et facile à résoudre ».

Marianne Drouilly montre le poteau où se situe un boîtier d’où part un raccordement pour sa maison, réparé provisoirement.

Une réparation provisoire

Comme dans beaucoup de lieux-dits éloignés parfois dans la campagne, ce sont des câbles à terre, parfois simplement raccordés à même le sol, le long de la voie communale à travers les bois et forêts qui condit au hameau.

Marianne a fait part de ce qui est arrivé à sa fille à l’opérateur Orange. Comme un miracle en ce samedi de Pâques, 3 avril, Marianne a vu arriver des agents de l’entreprise sous-traitante venir effectuer une réparation provisoire : raccorder sa ligne au réseau. Depuis, Marianne et sa famille bénéficie d’internet et du téléphone fixe. Elle conclut : « C’est une belle avancée. C’est du provisoire, mais une réparation définitive devrait intervenir prochainement. »

Pour Léa, sa fille, tout s’est bien terminé, puisqu’une ambulance des sapeurs-pompiers du centre de secours de Lamastre est venue sur place pour emmener la mère et sa fille au service pédiatrie au centre hospitalier de Valence. Après des soins, la petite fille et sa maman sont revenues chez elles.