Philippe Daumas, délégué régional d’Orange, et professeur émérite de langue de bois !

Entendu dans la revue de presse de RDB, Radio des Boutières, le samedi 20 février 2021.

Cette  revue de presse fait suite à la parution dans l’Hebdo de l’Ardèche , d’une interview de Philippe Daumas, délégué régional Rhône Durance d’Orange par Nicolas Lemonnier à propos des difficultés rencontrées en Ardèche par l’opérateur de téléphonie.

Revue de presse animée par Nicolas GAUDIN Responsable d’Antenne RDB, et Aurélien PATRICE-MARTIN Animateur-Programmateur-Technicien RDB.

Quand la communication ne passe plus…

Les problèmes de lignes téléphoniques en zones rurales, notamment dans les Bouttières, ne sont pas inédits. Un couple qui vit à Lachapelle-sous-Chanéac depuis six ans rencontre des problèmes réguliers sur sa ligne (friture, coupures, poteau tenu par le fil…). Une situation qui les handicape dans leur quotidien pour leur travail mais les inquiète aussi. Comment joindre les urgences en cas de malaise ou d’accident ?
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Les habitants s’étonnent aussi de recevoir un avis concernant une réparation qu’ils ne constatent pas sur le terrain. La direction d’Orange grand sud-est précise qu’elle a bien été contactée par deux clients qui ont signalé des problèmes de réseaux. Des réparations qu’Orange reconnaît être parfois longues, l’accès étant souvent complexe et nécessitant des autorisations et l’usage de véhicules adaptés. Ainsi la société précise qu’une réparation provisoire a bien été effectuée sur la voirie. Elle consiste parfois simplement à réaliser des attaches avec un fil rouge pour signaler les poteaux défectueux. Cela permet aussi de ne pas couper complètement le service dans l’attente de la réparation définitive. Celle-ci devrait d’ailleurs intervenir dans les prochains jours.
.Un réseau qui a plus de 50 ans
Mais l’histoire de ce couple n’est pas unique, les hameaux éloignés des villages reliés par un réseau filaire ancien, parfois vétuste, sont nombreux. La direction Orange grand sud-est reconnaît que le réseau cuivre est vieillissant et a plus de 50 ans. C’est pour l’améliorer que les équipes effectuent près de 10 000 interventions par mois en Drôme-Ardèche. Les délais de rétablissement ont été améliorés par deux dans ces deux départements.
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C’est vers le collectif Orange j’enrage, soutenu par de nombreux politiques (maires, présidents de communautés de communes, députés…), que certains habitants se sont tournés, pour défendre leur cause. Alain Baraquie, président du collectif, estime : « Les exemples de dépannages fictifs sont réels chez Orange, preuves à l’appui, les clients reçoivent une notification de passage alors qu’aucune équipe ne s’est déplacée ! ».
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La direction Orange grand-sud précise que les usagers ne sont pas prévenus à chaque intervention sur la voie publique.
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Article de Marie Noëlle Baudin dans le Dauphiné libéré 23 février 2021
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Les allégations d’Orange dans l’Hebdo de l’Ardèche : décryptage !

   11 02 2021 –

Téléphonie – “Dans 95 % des cas, le rétablissement est rapide” !!!

Dans l’Hebdo de l’Ardèche Philippe Daumas, délégué régional Rhône Durance d’Orange, interviewé par Nicolas Lemonnier, revient sur les difficultés rencontrées en Ardèche par l’opérateur de téléphonie. Des dysfonctionnements minoritaires selon lui.

Le 18 janvier, 269 élus ardéchois ont écrit à Orange pour lui demander une amélioration du réseau téléphonique filaire. Leur avez-vous répondu ?

Nous n’avons pas répondu directement mais il faut savoir que nous sommes en permanence en relation avec les élus via une organisation spécifique. On comprend parfaitement que les administrés mettent la pression sur les élus mais tous les maires ont une fiche contact avec des interlocuteurs. Il y a aussi une application, Signal réseau, mise en place depuis plusieurs années pour que les élus puissent signaler des dysfonctionnements. À mon sens, cette tribune visait surtout à peser sur le débat national puisque la convention pour le service universel est en cours de renouvellement.

Quel est l’état du réseau en Ardèche selon vous ?

Tous les mois, nous réalisons 10 000 interventions sur le réseau en Drôme-Ardèche. Un réseau de télécommunication, c’est hyper complexe : il y a 370 000 poteaux, plus de 400 interconnexions. Et la moitié est en aérien et subit les aléas, notamment climatiques. Un poteau à terre, il n’est pas tombé tout seul. Mais dans 95 % des cas, le rétablissement se fait en quelques heures.

Quel est le délai moyen en Ardèche ? Pour la Drôme, la députée Célia de Lavergne parle de 48 jours contre 48 heures au niveau national.

Nous n’avons pas de chiffres locaux. Le suivi se fait par l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse). Je ne sais pas d’où sortent les chiffres de Madame De Lavergne mais il faut savoir qu’il y a des situations plus complexes qui nécessitent parfois plusieurs jours ou plusieurs semaines de réparation. Les techniciens doivent souvent intervenir avec des nacelles mais ce n’est pas toujours accessible. Et si on ne peut pas accéder, il faut reconstruire l’artère : c’est long, il y a des contretemps administratifs… Notre objectif, c’est le meilleur service possible. Et, je le redis, dans 95 % des cas, le rétablissement est rapide.

Certaines pannes sont très problématiques notamment pour les téléalarmes de personnes isolées…

Sur des pannes signalées comme urgentes, notamment pour ces questions de téléalarmes, on intervient en 24 h. Mais il faut que ce soit bien signalé ! Orange avait été mis en demeure d’entretenir son réseau par l’Arcep sous peine d’une amende d’un milliard d’euros et cette mise en demeure a été levée, c’est bien que nous faisons le travail !

Ardèche Drôme numérique (ADN) évoque 25 % de poteaux téléphoniques inutilisables car en mauvais état. Comment expliquez-vous ce chiffre ?

Ça ne veut pas dire que ces poteaux ne fonctionnent pas. ADN utilise le réseau cuivre existant pour installer de la fibre optique. Mais lorsque vous déployez de la fibre, vous ajoutez de la charge sur les poteaux et cela nécessite donc des études supplémentaires. Ces poteaux pourraient supporter cette charge mais comme il n’y a plus la marge suffisante, il faut les changer. Ce pourcentage est sans doute le même ailleurs.

Lors des différentes tempêtes, Enedis est beaucoup plus rapide qu’Orange pour réassurer un service à ses abonnés. Pourquoi ?

Le réseau d’Enedis est beaucoup plus haut, l’impact des chutes de neige est moindre. Pour nous, les deux tiers des poteaux se sont retrouvés au sol, principalement par un manque d’élagage des propriétaires.

Pourtant, la loi précise bien qu’en cas de défaut des propriétaires ou de chantiers trop coûteux, c’est à l’opérateur d’organiser les modalités d’élagage.

Toute la responsabilité n’incombe pas à Orange. Je parle des petits travaux d’ébranchages qui ne sont pas réalisés. On réfléchit d’ailleurs avec l’association des maires de l’Ardèche mais aussi le Département et la préfecture à lancer une campagne de communication pour faire en sorte que les propriétaires de terrain où passent les lignes agissent.

Il est souvent constaté des réparations de fortune. Comment les expliquer ?

L’importance, c’est le délai de rétablissement. Donc, on fait au plus vite et ensuite d’autres équipes assurent une réparation plus pérenne. Mais c’est vrai que cela donne l’impression d’un réseau laissé à l’abandon mais c’est faux car il fonctionne. On a lancé depuis deux ans des opérations de renforcement du réseau dans neuf communautés de communes de Drôme-Ardèche. C’est dans ce cadre que les réparations de long terme sont souvent effectuées.

En juin dernier,des propriétaires de gîtes touristiques ont dû avoir recours à la justice pour obtenir un dédommagement.Craignez-vous une multiplication des procédures de ce type ?

Il y a des contentieux pour plein de raisons… Notre objectif, c’est d’éviter d’arriver à ce genre de situation. Lorsque le problème s’enlise, c’est souvent qu’on est face à des difficultés techniques pointues. Par exemple, des câbles enterrés il y a 60-70 ans sans gaine et il faut alors refaire le réseau entier. Mais on fait tout pour trouver des solutions avec les élus en amont.

Le député Fabrice Brun a sollicité directement l’Arcep et demandé une audience sur la question au Premier ministre. Qu’en pensez-vous ?

C’est légitime qu’un député s’empare de cette question mais c’est surtout pour peser sur les négociations qui concernent le service universel.

Quel est l’intérêt d’Orange à investir dans le réseau téléphonique commuté (RTC) alors que celui-ci devrait disparaître dans quelques années ?

Le RTC (réseau cuivre) n’est pas amené à disparaître de sitôt. Si, à terme, il doit être remplacé par la fibre optique, ce n’est pas avant une dizaine d’années. ADN a annoncé la fibre pour 2025 en Drôme-Ardèche mais les clients auront le choix et il y aura donc toujours des clients en RTC. C’est pour cela que depuis 2016, plus de 350 communes de Drôme-Ardèche, dont un bon deux tiers en Ardèche, ont bénéficié d’une montée en débit. Notre préoccupation, c’est la qualité de service au quotidien. Et lorsqu’il y a des difficultés, on cherche avec les élus des moyens d’améliorer la situation. On a divisé par deux les délais sur les interventions complexes. Les 5 % restants ne sont pas acceptables et on veut encore diminuer ce pourcentage.

Décryptage :

les réactions d’Orange j’enrage !

Nous apprenons que Orange n’a pas répondu “directement ” à près de 500 élus de la Drôme et de l’Ardèche qui ont signé des tribunes dénonçant les manquements de l’opérateur. Nous nous interrogeons donc ce que veut dire être “en permanence en relation avec les élus”.

Nous apprenons que “dans 95 % des cas, le rétablissement se fait en quelques heures”. Nous en déduisons que là où nous vivons, dans les villages et les hameaux, nous faisons malheureusement partie des 5% où les réparations se comptent en semaines voire en mois. Mais impossible de savoir combien d’usagers sont victimes de panne et quel est le délai moyen de réparation puisque l’opérateur historique déclare ne pas avoir de chiffres locaux.

Nous apprenons que ces chiffres locaux sont fournis par l’Arcep. Mais d’où viennent les chiffres de l’Arcep ?  … d’Orange ! la réponse figure sur le site de l’Arcep : L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes met en ligne les chroniques des indicateurs d’activité des opérateurs de communications électroniques. Ces informations agrégées (ensemble du marché) sont issues des enquêtes menées auprès des opérateurs déclarés au titre de l’article L.33-1 du code des postes et des communications électroniques.

Il n’est pas étonnant que l’Arcep ait levé sa sanction envers Orange puisque c’est au regard des chiffres fournis par Orange même que l’organisme de contrôle juge de l’état du réseau : l’Arcep et Orange se tiennent par la barbichette !

Nous apprenons que le mauvais état du réseau incombe principalement aux propriétaires qui n’élaguent pas les arbres. Or c’est à Orange que revient la responsabilité d’engager les démarches auprès des propriétaires (article 85 de la loi du 7 octobre 2016 ).

Enfin nous en apprenons une bien bonne : la neige serait plus lourde quand elle tombe sur les lignes téléphoniques que sur les lignes électriques !

Orange “cherche avec les élus des moyens d’améliorer la situation” : est-ce aux élus de monter aux poteaux sur lesquels les techniciens d’Orange refusent de monter ?

Mais c’est avec soulagement que nous apprenons que Orange compte conserver le réseau cuivre et améliorer sa qualité, nous prenons acte des déclarations de Monsieur Daumas et nous serons très attentifs à leur réalisation.

Orange : friture sur la ligne

Coupures de téléphone à répétition, connexion internet et réseau mobile médiocre… Élus et habitants de la vallée n’en peuvent plus.

Exaspérés, mais taquins. Vendredi 5 février, les élus d’Eygluy-Escoulin publiaient dans Le Crestois une tribune cinglante, appelant ironiquement au don pour qu’Orange puisse financer des travaux sur les réseaux de télécommunications de cette commune de 75 âmes, isolée dans la vallée de la Gervanne. « Nous avons atteint la limite du supportable et du tolérable », s’exaspère le maire, Roland Filz, les yeux rivés sur son portable qui cherche du réseau mobile. Depuis le 30 janvier, sa ligne de téléphone fixe est coupée ! Et encore, pour certains habitants, les coupures ont duré jusqu’à plusieurs mois.

Le service téléphonique a toujours été perturbé, mais la situation ne fait qu’empirer et la crise sanitaire a exacerbé un fort sentiment d’abandon. « La République ne s’arrête pas à Beaufort-sur-Gervanne », fulmine-til. Faute d’un réseau internet assez puissant, impossible pour les jeunes de préparer leur bac blanc sereinement, de joindre ses proches correctement par visio et encore moins de télétravailler.

Malgré des appels répétés à Orange, l’opérateur historique propriétaire du réseau, suivis d’interventions de techniciens, rien n’y fait. « Nous sommes raccordés au réseau de téléphonie et internet par une ligne en cuivre vieille de plus de 40 ans. Elle est en mauvais état : dès qu’il pleut, internet ne fonctionne plus ! », explique Alain Delforge, conseiller municipal qui suit particulièrement la question.

UN JOUR SANS FIN

Le noeud de raccordement le plus proche se situe à Beaufort-sur-Gervanne, à une dizaine de kilomètres de là. « On a tout fait, élagué les arbres, etc. Mais rien ne s’arrange, désespère Alain Delforge. Il faut nous changer le câble ! » Autre sujet d’inquiétude : et si jamais quelqu’un avait un pépin de santé et ne pouvait joindre personne ?

Du côté d’Orange, on tente de déminer et surtout… de prendre son mal en patience jusqu’à l’arrivée de la fibre, sans cesse repoussée, et désormais annoncée pour 2025. Le directeur interregional d’Orange, Philippe Daumas, est « conscient des difficultés. Mais il y en a eu de tout temps car c’est un réseau complexe, d’extérieur et soumis à de multiples aléas. Pour donner des ordres de grandeur, entre la Drôme et l’Ardèche, Orange, c’est 370 00 poteaux, 390 000 lignes, 400 noeuds de raccordement, 480 salariés et plus de 1 500 prestataires ! C’est aussi 10 000 interventions par an réalisées pour 95% dans les délais. On n’en parle jamais, même si bien sûr, ces 5% sont déjà de trop. »

Des arguments que peinent à entendre abonnés et élus, qui ne justifient pas selon eux des délais de réparation de parfois plusieurs mois. En ce qui concerne Eygluy-Escoulin, « nous changerons le câble s’il le faut mais nous sommes en train de l’expertiser. Je pense que, de toute façon, la technologie cuivre est limitée et le noeud de raccordement le plus proche est trop éloigné des habitations. Y construire un autre noeud prendrait malheureusement plus de temps que d’amener la fibre, seule solution au problème », tranche Philippe Daumas. « On ne peut pas attendre aussi longtemps, c’est impossible ! », se lamente le maire Roland Filz.

Orange veut aussi mettre en avant les alternatives comme le satellite ou la 4G en attendant le déploiement de la fibre. « Un voisin a demandé à avoir une box 4G, on lui a rétorqué que, comme la mairie ne se trouvait pas dans une zone blanche, le reste du village non plus. Mais la commune s’étend sur des milliers d’hectares !, enrage Alain Delforge qui se demande si Orange n’intervient pas sérieusement faute de rentabilité. On tourne en rond, face à un mur. »

DES LIGNES PEU ENTRETENUES

Philippe Daumas assure aussi qu’Orange a mis en place une organisation de proximité avec les municipalités pour leur signaler des dysfonctionnements. Visiblement pas encore au point.

« Nous avons énormément de soucis, se plaint également Daniel Chauvin, le maire de Gumiane, dans la vallée de la Roanne. Il n’y a plus aucun entretien, nous subissons des coupures de téléphone très fréquentes. Et quand ils viennent réparer une ligne, ils en mettent une autre en panne ! » Des lignes éventrées qui se baladent le long des routes, rafistolées par les habitants avec les moyens du bord… Les témoignages sont multiples.

Mais la médiatisation semble être efficace : quelques jours avant Noël dernier, un habitant de Piégros-la-Clastre publie sur la page Facebook “Orange j’enrage“, une association ardéchoise, une vidéo d’une ligne à même le sol. Quelques jours plus tard, tout sera réparé… « C’est à celui qui crie le plus fort », s’attriste Alain Delforge.

Le maire de Piégros-la-Clastre, Gilles Magnon, confirme qu’il signale chaque problème à Orange mais « les délais sont trop longs, certains habitants sont restés parfois un mois ou deux sans téléphone. Il n’y a pas de suivi de ligne, pas d’entretien alors que c’est une obligation. En tant qu’élu, on a l’impression de ne pas être considéré. »

Éric Leclere est, lui, président de la société Apoolpi, pisciniste à Piégros-la-Clastre : « Il y a huit mois, une voiture s’est encastrée dans un poteau. Depuis, il y a des coupures en permanence et depuis le jeudi 4 février, c’est le black-out total. Nous disposons pourtant d’un contrat d’intervention en 24 heures avec Orange ! Tout cela met clairement en péril l’entreprise ».

Même chose à Eygluy-Escoulin pour Rodolphe Balz, ancien patron de Sanoflore désormais à la tête d’un laboratoire de recherche axé sur les huiles essentielles : « On doit jongler entre le portable et le téléphone fixe et, s’agissant d’internet, impossible d’envoyer des fichiers volumineux. Il faut que je descende dans la vallée pour le faire ! »

« FAIRE BOUGER ORANGE »

Dans la vallée de la Sye, des habitants de Gigors-et-Lozeron et de Cobonne sont à l’origine de deux pétitions adressées aux élus « pour un accès à Internet ». « Pour envoyer un mail, il faut le faire depuis son téléphone et trouver le mètre carré à côté d’une fenêtre où cela fonctionne…, témoigne Nicolas Adam, l’un des signataires. On paie le même prix qu’en ville pour la fibre avec un service quasi nul, c’est scandaleux. Orange nous raconte tous les ans que d’ici un an la fibre va arriver, c’est comme ça qu’ils nous font taire ! »

La députée En marche ! de la circonscription, Célia de Lavergne, a fait de ces désagréments son cheval de bataille. Chargée d’une mission parlementaire “flash” sur le service universel qui lie l’État et Orange pour assurer la téléphonie fixe à la population. Elle a rendu ses conclusions mercredi 10 février (voir encadré en bas de page). « C’est mon combat !, jure la parlementaire, à l’origine d’une tribune signée par 215 élus locaux en décembre dernier. Il nous faut faire bouger les lignes pour assurer un meilleur service et la seule personne à faire bouger, c’est Orange. C’est pour cela qu’il nous faut rester unis, élus, habitants et associations. »

Célia de Lavergne préconise notamment dans son rapport de sérieuses pénalités pour la multinationale en cas d’interventions effectuées au-delà des délais légaux. L’Orange et le bâton.

Clément Chassot

Célia de Lavergne veut « un service digne de ce nom »

Missionnée en express par le gouvernement, la députée Célia de Lavergne (LREM) a remis le 10 février au secrétaire d’État chargé de transition numérique son rapport intitulé « Pour un service universel qui porte son nom, effectif sur tous les territoires ».

Le service universel, assuré par Orange pour l’État, prévoit un service de téléphonie fixe pour toute la population. Une convention actuellement en renégociation. Ce rapport devrait être suivi d’annonces début mars.

En voici les grandes lignes : lancer rapidement une mesure de désignation pour les cinq ans à venir pour la téléphonie fixe ; intégrer dans le service universel de la téléphonie fixe des indicateurs de qualité et de réactivité de service qui restituent la réalité vécue par les usagers au niveau départemental ; préparer dès aujourd’hui le service universel territorialisé de l’acce s internet haut débit ; é́laborer, au titre du service universel garanti, une obligation de raccordement et une obligation de réparation assortie de pénalités financières et de sanctions effectives ; rétablir une servitude d’élagage au profit du propriétaire de réseau ; développer le rôle des technologies alternatives (boîtier 4G fixe, antenne satellitaire) dans le cadre du service universel pendant la phase de transition vers le haut débit ; renforcer la transparence du service universel ; développer, à terme, chez les opérateurs des communications électroniques, une force mutualisée de l’intervention rapide sur les réseaux ; anticiper dès aujourd’hui les grandes évolutions qui concerneront nos réseaux de communications électroniques lors de la transition à la fibre et généraliser l’enfouissement des réseaux.

Article publié dans Le Crestois du 12 février 2021

Evian : Des habitants de Living Léman attendent toujours internet

Claude BOUZIN

Dans l’immeuble social de l’ensemble immobilier Living Leman, plus de la moitié des habitants n’ont ni téléphone, ni internet. La persévérance d’un collectif a permis de débloquer la situation.

Le complexe Living Léman du promoteur Vinci, constitué de trois bâtiments en accès à la propriété et d’un quatrième destiné à des logements sociaux (38 appartements), a été livré fin 2019. En plus de nombreux problèmes de malfaçons signalées par des locataires constitués en collectif, il est apparu au fil des installations au printemps et au début de l’été 2020, que 27 locataires sur 38 ne peuvent pas se connecter au réseau internet et téléphonique.

Depuis l’été dernier, à l’initiative de Chloé N., de nombreux courriers ont été envoyés aux différents responsables (mairie, Orange, bailleur social SA Montblanc) et aux opérateurs par les abonnés. La maire de la ville Josiane LEI a reçu quelques membres du collectif plusieurs fois, intervenant par courrier auprès de la SA MontBlanc et auprès de Damien BIARD, le directeur des relations avec les collectivités locales des Pays de Savoie chez Orange.

Sans rentrer dans les détails, Chloé explique : « On a été mis dans le brouillard de Juillet à Novembre. Orange, le propriétaire des lignes, n’a jamais répondu par courrier ». En parallèle, depuis juillet, les différents locataires déconnectés reçoivent chaque mois de leurs opérateurs, un SMS repoussant l’activation de leur ligne au mois suivant avec pour explications, des travaux à effectuer. En Octobre, un directeur de SA Montblanc a fait du porte à porte auprès de quelques locataires afin de tenter de comprendre l’absence de réseau.

Le médiateur des télécommunications sollicité

Chloé N. a entrepris plusieurs démarches dans l’espoir de voir la situation évoluer, dont une première demande d’intervention auprès du médiateur des télécommunications. Après un premier refus pour cause de « non-conformité à la procédure de saisie du médiateur » et, afin de booster une seconde demande d’intervention auprès du médiateur qui a accepté, Chloé N a fait remplir par ses voisins une attestation mentionnant leur détresse numérique.

Enfin, la SA MontBlanc est intervenue en Janvier auprès de Vinci et d’Orange pour que cela se règle, dans la foulée de l’intervention de la ville auprès du Syane (Syndicat des énergies et de l’aménagement numérique de Haute-Savoie) en décembre.

Dans le courant de ce mois de février 2021, un nouveau câble téléphonique doit être tiré depuis le central situé au 9 avenue Jean-Jaurès. « D’ici la fin du mois, tout devrait être réglé », assure Bertrand Vouaux, le directeur des services techniques de la ville.

En attendant, Chloé N et Danny A, les porte-parole du collectif depuis juillet pour ce problème de connexion, ont obtenu une airbox 4G en exigeant une solution palliative auprès de la boutique Orange de Thonon-les-Bains. Ils transmettront cette option aux quelques voisins qu’ils rencontreront au fil des jours.

Un problème de saturation du réseau

Bertrand VOUAUX, le directeur des services techniques de la ville, a fait le point sur ce problème de connexion qui empoisonne les locataires de l’immeuble Living Leman. « Au fur et à mesure des demandes d’abonnement auprès des différents opérateurs et des connexions au fil des installations filaires, s’est saturé, explique le directeur. Il semble que le problème soit venu d’un manque de coordination entre le service commercial et les services opérationnels d’Orange. Comme l’immeuble est neuf, les locataires ont eu du mal à voir l’origine du problème ».

Bertrand VOUAUX confie que « dès qu’on a connu le problème, la maire et moi-même avons pris contact avec le directeur territorial régional d’Orange »

Dernières nouvelles :
Toujours en attente…
Un véritable sketch ici : orange avait contacté plusieurs voisins pour un raccordement cette semaine, finalement tout les raccordements sont repoussés en avril.
Peut-on les croire ?

Interview de Orange j’enrage ! sur RCF radio

Lundi 15 février nous avons été reçus par Marie Charlotte Laudier de RCF radio pour donner notre point de vue sur les conclusions de la mission parlementaire qui nous a auditionnés sur les problèmes de téléphonie fixe et de l’application du service universel et que madame Célia de Lavergne, députée de la Drôme, a présenté à l’Assemblée nationale le 10 février dernier.

Téléphone : « En Drôme-Ardèche, des territoires ruraux ont été abandonnés »

  Un article de Robin Charbonnier

C’est une mission « flash » pour tenter de comprendre des lenteurs. Celles imputées à l’opérateur historique Orange qui délaisserait le réseau téléphonique fixe. Célia de Lavergne, députée LREM de la Drôme, est à la tête de cette mission. Elle s’explique avant de rendre les conclusions, mercredi 10 février.

Si avec le téléphone portable, les cabines téléphoniques ont disparu, des habitants se plaignent de ne pas avoir un service « fiable » de la téléphonie fixe chez eux, en Ardèche et dans la Drôme.

Pourquoi cette mission  ?

« Elle fait suite à la tribune que j’avais signée avec 215 élus dans Le Journal du dimanche à la mi-décembre afin de dénoncer l’absence de cadre pour le service universel de la téléphonie fixe et la dégradation de ce service ces dernières années. »

Cette dégradation du service de téléphonie fixe est-elle vraiment réelle ?

« L’Arcep, le gendarme des télécommunications, avait mis en demeure Orange fin 2018, car l’opérateur ne remplissait pas ses objectifs. Par exemple, les Drômois et les Ardéchois ne bénéficiaient pas d’une réparation ou d’une ouverture de ligne dans un délai raisonnable. Si Orange a ensuite fait des efforts, nous avons clairement identifié sur le terrain, avec les maires, une nouvelle dégradation du service, avec ce sentiment que certains territoires ruraux ont été abandonnés. La Drôme et l’Ardèche sont des départements particulièrement touchés. »

En quoi la Drôme et l’Ardèche sont-ils des territoires « particulièrement touchés » ?

« La convention de service universel repose sur des indicateurs nationaux. Ainsi, 95 % des Français doivent bénéficier d’une réparation sous 48 heures ou d’un raccordement dans un délai de 12 jours. Or, dans la Drôme et en Ardèche, il y a une certaine proportion des habitants qui doit être dans les 5 % restants : il faut compter des semaines pour avoir une réparation et des mois pour un raccordement. Ce sont des délais inacceptables ! »

Que faut-il faire ?

« L’objectif est de fixer un cadre plus clair, plus exigeant. En contrepartie, cela pourrait nécessiter des compensations plus importantes pour l’opérateur [en charge du service universel, NDLR] de la part de l’État. Il faut en tout cas trouver des solutions concrètes face à des situations d’abandon, voire de mépris pour certains citoyens. »

Mais l’opérateur historique Orange affirme que le réseau est d’ores et déjà bien entretenu…

« Lors d’une audition, j’ai indiqué à Orange qu’ils gagneraient à reconnaître qu’ils ont été moins efficaces et qu’ils ont délaissé certains territoires. Par exemple, dans la Drôme, le site internet d’Orange indique un délai “a minima” de huit mois pour un raccordement. Cela veut dire qu’il y a une volonté délibérée de l’opérateur de rallonger le délai. Je maintiens ainsi qu’il y a un sous-investissement chronique sur le réseau cuivre, mais aussi sur le service clients pour gérer les demandes. Outre la Drôme et l’Ardèche, il y a également des “poches” semblables en Normandie, Bretagne et Corse. Je vais continuer à chercher, grâce aux associations d’élus, les autres territoires abandonnés car jugés non rentables. C’est une stratégie délétère qui nuit à la qualité du service. »

Repères

La mission

Avec d’autres députés, Célia de Lavergne a auditionné le gendarme des télécommunications (Arcep), Orange, mais aussi des associations et des élus. Les conclusions seront rendues ce mercredi 10 février.

Des élus qui montent au créneau

Ces derniers mois, de nombreuses initiatives ont été prises par des élus. Il y a eu cette tribune dans Le Journal du dimanche avec Célia de Lavergne et 215 élus. « Dans nos campagnes drômoises, la colère monte », avait notamment souligné la députée LREM. Puis, il y a quelques jours, à l’initiative des trois députés ardéchois, une tribune a été signée par 269 élus de l’Ardèche pour « dénoncer les dysfonctionnements et l’attentisme dont fait preuve, depuis trop longtemps, Orange ». D’autres initiatives ont aussi été mises en place pour interpeller l’Arcep.

Du retard et un débat sur le nouveau service universel

Célia de Lavergne, députée de la 3e circonscription de la Drôme et porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale. Photo DR

Vous évoquez aussi une « absence de cadre », c’est-à-dire ?

« L’État avait confié, fin 2017, à Orange, la gestion du service universel, à la fois pour la réparation et les nouveaux raccordements, pour que chacun citoyen puisse avoir accès une ligne téléphonique fixe chez lui. La convention s’est achevée fin novembre 2020. »

Pourquoi cette convention pour le service universel n’a pas été, pour l’instant, renouvelée ?

« Avec la crise sanitaire, du retard a été pris, notamment dans le vote de la loi du nouveau service universel. Il faut alors gérer cette période transitoire. »

Qui assure actuellement ce service universel ?

« Même si nous avons des points à lui reprocher, Orange se dit prêt à continuer jusqu’à la mise en place d’un nouveau service. Mais, malheureusement, les délais de réparation demeurent trop longs. »

En quoi consistera ce nouveau service universel ?

« C’est en débat. Soit ça sera la même convention que la précédente, soit, en plus de la téléphonie fixe, on ajoute un service universel pour internet. Il y a aussi la question de la régionalisation du service, avec des acteurs qui seraient plus proches du terrain. »

L’opérateur historique

Des critiques « excessives » selon Orange, qui se défend

Sollicité de nombreuses fois par Le Dauphiné Libéré ces dernières années dès lors que des problèmes téléphoniques sont signalés par des habitants, l’opérateur Orange apportait, à

chaque fois, plusieurs réponses selon les circonstances : la météo capricieuse en Drôme-Ardèche, avec entre autres un vent violent qui peut mettre à mal des poteaux et des câbles téléphoniques ; le non-entretien d’arbres par les propriétaires, avec des branches qui peuvent détériorer les lignes ; l’accès difficile au réseau dans certains secteurs géographiques ; le recours limité aux nacelles en fonction des conditions météo pour effectuer certaines réparations.

L’opérateur affirmait aussi que les demandes de réparation étaient bien traitées en fonction des priorités, en particulier pour d’abord prendre en compte les personnes âgées et isolées.

De manière plus globale, piqué au vif, le patron d’Orange, Stéphane Richard, a aussi répondu aux critiques, les jugeant « excessives », il y a quelques jours, lors des vœux présentés à la presse. Il a admis des « coupures qui ne sont pas réparées suffisamment vite » mais elles sont, selon lui, « marginales ». Le PDG s’est appuyé sur les chiffres de recrutement (220 techniciens supplémentaires en 2020, 120 en plus en 2021) et le montant de l’investissement (500 millions d’euros par an pour entretenir le réseau). Stéphane Richard a surtout souligné que la compensation financière de l’État n’était pas assez élevée.

Des Habitants en colère

Un collectif plaide pour « un accès fiable au téléphone fixe »

En 2019, un collectif appelé “Orange, j’enrage” a été créé par des habitants en Ardèche. L’une de ses actions est d’avoir mis en place une carte collaborative sur internet (orangejenrage.fr), pour que chacun puisse indiquer l’état du réseau téléphonique. Objectif : montrer très clairement « la dégradation continue du réseau et la multiplication de personnes en détresse ».

On peut ainsi lire “câble dans le fossé” à Gluiras, “ligne décrochée” à Saint-Julien-du-Gua et à Saint-Christol, “présence de moisissure dans le boîtier” à Viviers… Le bémol de cette carte est que les dates des signalements sont rarement mises et qu’il est possible que des réparations aient eu lieu depuis. Mais le collectif précise bien sur son site que cette carte “n’a pas la prétention d’être exhaustive, ni absolument précise” et qu’elle peut “comporter certaines erreurs”.

Le président du collectif, Alain Baraquie, qui habite dans le village de Saint-Julien-Labrousse, espère surtout que la mission menée par la députée Célia de Lavergne puisse affirmer plusieurs points : « Que le principe d’égalité entre les citoyens soit appliqué comme c’est inscrit dans la constitution. Que chaque citoyen bénéficie d’un accès fiable au téléphone fixe et à internet comme le prévoit le service universel. Que l’État exerce son rôle de contrôle et de protection des usagers face aux abus des opérateurs. »

Il se félicite également de la mobilisation « en nombre » des élus, rappelant qu’il faut que ceux-ci « associent les collectifs de citoyens » à leur démarche. Avec l’espoir d’obtenir, au final, « des résultats concrets ».

Evian : privés d’Internet et de téléphone depuis la livraison de leur immeuble, il y a un an

PAR ATMANE HARFOUCHE

L’immeuble de logements sociaux du programme Living Léman construit à la place de l’ancienne usine d’embouteillage est privé depuis sa livraison, fin 2019, de ligne téléphonique. Une situation qui s’éternise et qui est particulièrement éprouvante pour des dizaines d’Evianais.

Le nouvel ensemble aménagé autour de la gare continue de faire parler de lui. Si le stationnement anarchique est récurrent sur l’extension de l’avenue de la Gare, ce souci devrait être réglé avec la construction en cours du parking à silos. Pour les habitants du numéro 44, un autre problème existe depuis la livraison du bâtiment à la fin de l’année 2019. Les 41 logements sociaux ne peuvent pas ouvrir une ligne téléphonique. « C’est comme si nous n’existions pas », constate Danny qui a lancé les démarches avec plusieurs opérateurs avec à chaque fois la même réponse : « On ne vous trouve pas ».

Pour tous, le calvaire est le même et prend la forme d’un véritable parcours du combattant à travers les méandres des hotlines des groupes de télécommunication, du bailleur social et des techniciens de l’opérateur historique. « Le discours est à chaque fois différent, on nous balade, on nous dit qu’une intervention va avoir lieu mais finalement elle est repoussée », « on nous prend pour des cons », assène d’une même voix la demi- douzaine de résidents qui a souhaité s’exprimer dans l’espoir de faire bouger les choses.

Pourtant, au fil des mois, des électriciens, géomètres et responsables de la SA Mont Blanc sont venus sur place pour témoigner de leurs bonnes intentions et essayer de résoudre le problème, sans succès.

« Je passais mes appels dans ma baignoire ! »

Il est, de nos jours, devenu difficile de se passer d’une connexion internet qui permet d’accéder à de nombreux services, y compris publics. Et la crise sanitaire n’a pas arrangé les choses. « Le confinement a été épouvantable », lâche Dominique qui avait du réseau téléphonique uniquement dans sa salle de bain. Je passais mes appels dans ma baignoire ! »

Malgré le palliatif du réseau mobile, la situation reste précaire pour letélétravail, le divertissement et les relations sociales. « Impossible d’appeler en visio mes proches », témoigne Chloé. « Mon employeur a profité du confinement pour nous former mais j’ai pris du retard faute d’une bonne connexion et je suis en difficulté aujourd’hui », ajoute Danny.

Collégienne, la fille de Vanessa pâtit aussi de la situation. « Elle n’a pas pu suivre tous ses cours à distance et est à la traîne maintenant », confie sa maman.

Tous se sentent abandonnés, d’autant plus que les appartements voisins, issus du même programme et livrés en même temps, ont pu ouvrir une ligne téléphonique et bénéficier d’une connexion internet normale. « Nous ressentons du dégoût. Ce n’est pas juste. Seuls nous, habitants des logements sociaux, sommes dans cette situation ». « On nous méprise », concluent-ils unanimement.

Ces derniers mois, 11 résidents ont fini par réussir à ouvrir une ligne téléphonique mais les 30 autres locataires sont toujours dans l’attente.

Des habitants pas tous logés à la même enseigne

Les locataires du 44 avenue de la Gare, à Evian, ont vu, en contrebas de leur immeuble, s’achever la seconde partie du programme Living Léman le long de l’avenue Anna-de-Noailles. Les appartements en copropriété ont été livrés par Vinci à la fin de l’année 2020 et peuvent aujourd’hui ouvrir une ligne téléphonique.

« Nous avons été bloqués un mois mais le service fonctionne depuis le 15 janvier », raconte un résident.

Selon le bailleur “Orage ne remplit plus sa mission de service public”

Contacté, le bailleur social reconnaît combien la situation de l’immeuble dont il a la gestion est difficile. « Nous n’arrivons pas à avancer », confie Jean-Philippe Parmentelat, directeur général adjoint de la SA Mont Blanc. « Quand nous avons réceptionné les appartements, il n’y avait pas de problème d’après nos interlocuteurs techniques. » Pour le responsable, ce n’est pas un cas isolé : « Avoir une ligne téléphonique opérationnelle à la livraison est devenue difficile dans toutes les opérations neuves. » Et va jusqu’à affirmer : « Orange ne remplit plus sa mission de service public. » Si aucune solution n’arrive, il invite les résidents du 44 avenue de la Gare « à saisir l’Arcep, l’autorité de régulation des communications, nous serons prêts à les soutenir ».

Du côté d’Orange, on annonce qu’« une intervention aura lieu le 27 janvier » et que « la ligne devrait fonctionner dans les jours suivants ». L’opérateur historique apporte aussi une explication : « Le réseau local n’était pas en capacité pour relier le quatrième bâtiment de l’ensemble immobilier, c’est une erreur de notre part. »

Quant aux délais pour trouver une solution, le service communication d’Orange assure comprendre « le désarroi » des habitants concernés. Et d’ajouter : « C’est assez dingue de devoir attendre plus d’un an. Nous avons été prévenus en décembre par le référent collectivités d’Evian qui avait été contacté par la mairie. » L’opérateur historique évoque tout de même des circonstances atténuantes : « En Haute-Savoie, nous devons tout faire en même temps : étendre le réseau pour suivre le rythme des constructions et installer la fibre. Il peut y avoir des ratés mais nous faisons de notre mieux. » Les locataires clients d’Orange devraient bénéficier d’« un geste commercial ».

Dernières nouvelles le 11 février : une fois de plus Orange n’a pas tenu ses engagements et les habitants ne sont toujours pas raccordés !

Hautes Alpes : 15 maires dénoncent les problèmes de réseaux téléphoniques et internet en zones rurales

Il n’y a pas que dans la Drôme et l’Ardèche que ça crise ! Partout en France …

Plus d’internet, plus de réseaux téléphoniques… Le Buëch et ses habitants n’ont plus de téléphone depuis plusieurs mois ni internet. Comme le souligne Gérard Tenoux, vice-président du Conseil départemental des Hautes-Alpes, la situation est inacceptable. Les installations ne sont plus entretenues. Pourtant, comme le souligne le maire du Bersac Dominique Drouillard, les usagers continuent de payer leur facture sans aucun service assuré :

Publié par Hugo GUYON le ven, 05/02/2021 – redaction@dici.fm