Selon l’UFC – Que Choisir : Confinement, le désolant révélateur de l’intolérable fracture numérique !

Classes virtuelles, télétravail, dématérialisation des procédures administratives, commerce en ligne, visioconférences avec les amis et la famille,  sans oublier la télémédecine ou l’attestation dérogatoire,  la période de confinement souligne plus que jamais qu’Internet, comme l’a toujours plaidé l’UFC-Que Choisir, n’est pas un luxe mais bien une impérieuse nécessité. Or, pas moins de 7 millions de Français en sont toujours purement et simplement privés !

La mise en place en urgence de la plateforme solidarité numérique, qui entend simplifier et vulgariser les démarches en ligne pour les personnes souffrant d’« illectronisme » (terme bien pompeux pour qualifier les personnes non familières de l’outil informatique et de l’Internet), n’est qu’un pis-aller… Le fléau est bel et bien l’absence ou la mauvaise connexion d’un grand nombre de Français, 10% n’ont pas une qualité minimale, et 20%, soit près de 13 millions quand même, n’ont pas le haut débit permettant de surfer dans des conditions normales.

Le pire est que cette fracture numérique est géographique, ciblant les ménages ruraux qui souffrent déjà de la raréfaction des services publics, et de la fracture sanitaire avec les déserts médicaux…  Et la double peine, c’est qu’ils paient le même tarif d’abonnement pour des débits moitié moindres que les urbains. D’après notre Observatoire de l’Internet fixe, près de la moitié des ménages (47%) de 10 départements ruraux, n’ont ainsi pas accès au haut débit, quand plus de 1 sur 5 n’ont même pas une qualité minimale (3Mb/s).

Plus que jamais, le gouvernement doit comprendre qu’il faut changer de braquet. Plutôt que d’asséner des objectifs calendaires chimériques « le très haut débit pour tous en 2022 » ( d’après nos projections, ce ne sera pas avant 2029), et même du haut débit pour tous en 2020, l’exécutif en lien avec les opérateurs doit investir dans une montée en débit sur le réseau cuivre, en priorisant les investissements sur les zones rurales, qui ont été les laissées-pour-compte du déploiement de la fibre car moins rentables pour les opérateurs…

Voilà un nouveau chantier pour le gouvernement à l’heure du « rien ne sera plus comme avant » !
En attendant, je vous invite à tester votre connexion en utilisant notre outil gratuit… Bon courage à tous !

Alain Bazot, Président de l’UFC – Que Choisir, publié le : 10/04/2020

Les élus de Val’Eyrieux à l’unanimité avec Orange j’enrage !

Nous remercions Monsieur le président, les maires et délégué-e-s des communes adhérentes à la Communauté de Communes de Val’Eyrieux qui, lors du Conseil communautaire du 17 février 2020, ont exprimé leur soutien unanime à l’action des usagers victimes de pannes de téléphone et d’internet, regroupés au sein du collectif “Orange j’enrage”.

Ce temps de confinement révèle de manière criante que le téléphone et internet sont des services vitaux pour la population, indispensables à la vie scolaire, à la vie professionnelle et tout simplement à la vie quotidienne.

Il est donc indispensable de connaître le nombre de personnes qui sont aujourd’hui privées de moyens de communication sur notre territoire. C’est l’un des objectifs du collectif, recenser les personnes qui n’ont pas accès à ce service universel ainsi que les conséquences sociales et économiques subies par ces personnes en période de confinement.

Seule une collaboration entre élus et citoyens permettra de dresser l’état des lieux du réseau de communication en Ardèche et engager l’État et le gestionnaire du réseau, Orange, à le restaurer pour en garantir l’accès à tous les habitants.

Avec l’appui de Monsieur Hervé Saulignac, député de l’Ardèche et, nous l’espérons, avec l’appui des collectivités locales, une enquête sera lancée lorsque le confinement sera levé.

D’ores et déjà nous vous remercions de nous signaler les situations dont vous auriez connaissance.

Télécharger la délibération du conseil communautaire

Saint Christol 07160 – À la découverte de l’état désastreux du réseau

Les câbles blancs que vous voyez sont des réparations effectuées par Orange avec du câble domestique destiné aux installations intérieures. Ceux-ci trainent par terre à portée des passages d’animaux sauvages, sangliers, chevreuils et des rongeurs… Il vont bientôt constituer un obstacle au débroussaillage des bords de routes par les services municipaux. Les connexions ne bénéficient d’aucune protection.

Réseau téléphone fixe/internet à Saint Christol sur le Fau 07160.

Reportage vidéo de Mélanie Mathevon

Confinés et sans internet, le scandale des citoyens discriminés

Communiqué de presse

« Lorsque vous êtes chez vous, connectez tous vos appareils à votre box, soit avec des câbles réseau soit via le wi-fi. Cela inclut les smartphones, gros consommateurs de données. »

 Voici une des recommandations diffusées par Orange, gestionnaire du réseau de téléphonie fixe sur tout le territoire français, pour éviter la saturation du réseau mobile.

Pour nombre d’habitants des territoires ruraux cette recommandation est une véritable provocation, eux qui sont parfois privés de téléphone fixe et donc d’internet durant des semaines, des mois et pour certains des années.

Nous rappelons qu’Orange a la charge d’un service qui se doit d’être universel et permanent  et surtout se doit de respecter les principes d’égalité, de continuité, d’adaptabilité auquel il est soumis par le code des postes et communications électroniques de l’ARCEP.

Aujourd’hui l’épidémie de coronavirus nous impose le confinement à la maison, ce qui se traduit pour les adultes à travailler via le télétravail, pour les enfants à suivre leurs cours mis en ligne sur internet, pour les entreprises à poursuivre leur activité en gérant à distance leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients. Mais comment faire quand la connexion à internet est défectueuse ou inexistante ?

La fracture numérique n’est pas seulement une question de pratiques et d’usages dont une partie de la population serait dépourvue il s’agit aussi d’infrastructures (poteaux, câbles, répartiteurs, boîtiers) détériorées au point de priver des habitants de l’accès au téléphone et à internet.

Malgré des plaintes déposées par des élus, malgré les mises en demeure de l’ARCEP, le réseau de téléphonie fixe géré par Orange n’a cessé de se dégrader, particulièrement dans les zones rurales, constituant une atteinte grave et discriminatoire à l’égal accès au service universel.

Aujourd’hui, avec le confinement, nous mesurons à quel point est vital l’accès au téléphone et à internet pour les familles, pour les personnes isolées, pour les entreprises.

C’est pourquoi, avant même le confinement, des collectifs d’usagers se sont constitués exigeant de l’État -actionnaire à 27% de Orange- et du gestionnaire du réseau, Orange -dont les bénéfices net en 2019 sont de 3 milliards d’euros – la remise en état immédiate du réseau pour que soit garanti à tous les habitants de ce pays un accès fiable et permanent au téléphone et à internet.

 

Orange j’enrage !

Collectif des usagers victimes de pannes internet et téléphone

Le confinement, un puissant révélateur des inégalités d’accès à Internet

Par Pierre Manière  La Tribune

Les 600 habitants de Saint-Malon-sur-Mel (Ille-et-Vilaine) devaient disposer de la fibre en 2018. Mais il doivent encore se débrouiller avec un ADSL de mauvaise qualité.
Les 600 habitants de Saint-Malon-sur-Mel (Ille-et-Vilaine) devaient disposer de la fibre en 2018. Mais il doivent encore se débrouiller avec un ADSL de mauvaise qualité. (Crédits : Google Street View)
.
Pour les communes mal couvertes en Internet fixe et en téléphonie mobile, le confinement est d’autant plus difficile à vivre.
.

A Saint-Malon-sur-Mel, le maire, Gilles le Metayer, est pour le moins désabusé. Dans cette commune située à 40 kilomètres à l’ouest de Rennes, près de la mythique forêt de Brocéliande, « la connexion Internet n’a jamais été formidable », euphémise-t-il. D’après l’élu, la fibre devait arriver en 2018. Mais aujourd’hui, elle n’est toujours pas là. Au grand dam du maire, qui explique que les travaux ont pris beaucoup de retard. Ici, c’est Orange qui est censé apporter le très haut débit. Mais pour ce faire, l’opérateur historique a fait appel à une cascade de sous-traitants. Et l’un d’entre eux, Axians, qui appartient à Vinci Energie, s’est montré « totalement défaillant », peste l’élu. « Ils m’ont notamment dit qu’ils n’avaient pas de poteaux pour faire passer la fibre », précise-t-il. Résultat : ses 600 administrés doivent encore composer, tant bien que mal, avec un ADSL à bout de souffle.

Côté mobile, la situation n’est pas meilleure. « Des fois on a un peu de 3G, un peu de 4G, et des fois rien du tout », raconte Gilles le Metayer. Il espère qu’un nouveau pylône de téléphonie mobile verra vite le jour. D’autant que la commune a été classée en zone à couvrir de manière prioritaire par le gouvernement dans un arrêté publié en décembre dernier. En attendant, certains habitants vivent, au quotidien, un chemin de croix.

« Certains n’ont ni Internet fixe ni mobile, explique le maire. Pour eux, c’est la double peine. Les gens se débrouillent comme ils peuvent pour avoir un peu de réseau. Parfois, il faut sortir un peu de chez-soi pour capter quelque chose. D’autres se rendent chez des voisins mieux servis… »

« L’enseignement à distance va discriminer des élèves »

Le maire ne se fait pas d’illusions : la période de confinement, qui oblige les habitants à rester chez-eux pour ne pas propager le coronavirus, sera d’autant plus difficile à vivre avec un accès à Internet de piètre qualité. « En temps normal, on sait que certains lycéens éprouvent des difficultés à accéder à Internet pour étudier… », dit-il. Dans le contexte actuel, suivre des cours à distance ou télécharger des supports pédagogiques ne sera pas facile pour tous. Dans les nombreux territoires situés en zones « blanches » ou « grises » où, comme à Saint-Malon-sur-Mel, les réseaux sont peu performants ou inexistants, beaucoup de jeunes vont en pâtir. « L’enseignement à distance va discriminer des élèves, témoignait un professeur du Finistère, jeudi dernier, au site Reporterre. Un village de campagne breton n’aura pas le même débit Internet qu’une grande ville. »

Les collégiens, lycéens et étudiants ne sont pas les seuls touchés. Sans réseaux performants, il est de facto plus difficile, voire impossible, de télétravailler, de s’informer, de garder contact avec ses proches, d’effectuer une consultation médicale à distance, ou de se divertir avec un film en streaming. Le confinement va, à cet égard, braquer les projecteurs sur la fracture numérique qui mine le pays depuis des années. C’est pour combler cette inégalité que les députés Eric Bothorel (LREM) et Laure de la Raudière (Les Constructifs) ont appelé, il y a deux ans, l’Etat à couvrir l’intégralité du territoire national en fibre optique d’ici à 2025. En matière d’Internet fixe, ils ne veulent pas que d’autres technologies moins performantes soient pérennisées dans certains territoires peu peuplés. Au risque d’aggraver, encore, la fracture numérique vis-à-vis des grandes villes.

Dans de nombreux pays où des mesures de confinement ont été adoptées, le problème de la fracture numérique resurgit dans le débat public. C’est le cas aux Etats-Unis. Au pays de l’Oncle Sam, Geoffrey Starks, commissaire à la FCC, le gendarme des télécoms, a pris la plume pour appeler les pouvoirs publics à se mobiliser. Dans une tribune publiée dans le New York Times jeudi dernier, et intitulée « Pour lutter contre le coronavirus, des millions d’Américains ont encore besoin d’Internet », il appelle l’exécutif à prendre ses responsabilités pour réduire, sans traîner, les inégalités d’accès au numérique. Avec les mesures de confinement, il estime que « les prochaines semaines jetteront une lumière crue sur la réalité, déjà cruelle, de la fracture numérique ».

« Des dizaines de millions d’Américains ne peuvent pas accéder ou ne peuvent pas s’offrir de connexion haut débit à domicile, poursuit le cadre de la FCC. Or ils en ont besoin pour le télétravail, accéder aux informations médicales et permettre aux jeunes d’étudier lorsque les écoles sont fermées. » Selon lui, « lorsque la santé publique nécessite une distanciation sociale, voire une mise en quarantaine, la réduction de la fracture numérique devient un enjeu central pour notre sécurité, et préserver notre situation économique ». Un constat qui vaut aussi pour la France.

 

Saint Julien d’Intres 07310 – réparations suite à la réunion publique : hasard ou réaction ?

Article de l’Hebdo de l’Ardèche du 12 mars 2020

Nous sommes rassurés de savoir qu’en cette période de confinement rendu obligatoire par l’épidémie de coronavirus, des habitants de Saint Julien d’Intres aient retrouvé leur connexion. Aujourd’hui nous mesurons à quel point l’accès au téléphone et à internet est vital car c’est le seul lien qui nous relie les uns aux autres. Nous pensons à ceux d’entre nous qui en sont encore privés.

Sans téléphone : la galère du confinement en Ardèche

Radio France Bleu vient de consacrer ce reportage aux difficultés rencontrées en Ardèche par les usagers du téléphone en situation de confinement.

“C’est plus que compliqué” : la galère du confinement sans téléphone en Ardèche

Ceux qui ont des problèmes récurrents de téléphone ou d’internet en Ardèche peinent encore plus depuis le début du confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

Le confinement pour lutter contre l’épidémie de coronavirus dure en France, ce qui nous rend dépendant à la technologie : pour le télétravail, joindre ses proches, pour faire l’école à la maison… Et c’est d’autant plus compliqué pour ceux qui, en Ardèche, alertent depuis des mois sur l’état déplorable du réseau de téléphone et d’internet.

à lire aussi Coronavirus : trois conseils pour ne pas saturer les réseaux internet et mobile pendant le confinement

Aline Speranza, par exemple, gère des hébergements insolites dans des cabanes à Saint-Julien-Labrousse. Une entreprise qu’elle est habituée à gérer sans téléphone fixe et sans connexion internet fiable. Mais d’habitude elle va chercher du réseau dans un cafe, ce qui est impossible depuis le confinement.

“C’est plus que compliqué, résume-t-elle. Là, on a la chance qu’il fasse beau donc je monte au dessus d’une cabane pour capter plus ou moins internet et répondre par mail. Mais quand je me sers de mon téléphone comme routeur, je ne peux pas m’en servir comme téléphone. Donc ceux qui m’appellent, je ne peux pas les avoir.”

Utiliser sa box, plutôt que son téléphone

L’Autorité de régulation des communications, l’Arcep, recommande d’utiliser au maximum sa box internet à la maison pour éviter de saturer le réseau mobile. De quoi agacer encore plus Alain Baraquié, du collectif Orange j’enrage qui se bat justement pour un meilleur réseau filaire en Ardèche.

“Chaque fois que quelqu’un est en panne, pour son téléphone fixe ou pour internet, Orange nous dit qu’il y a le téléphone portable et que ça marche bien. Mais là, on se rend compte en temps de crise que si tout le monde se met à passer par le mobile, il y aura de la saturation”, déplore-t-il.

Mais Orange assure que son réseau est fait pour supporter des charges très importantes… comme c’est le cas par exemple les soirs de nouvel an.

Adèle Bossard, France Bleu Drôme Ardèche

Nos commentaires : 

Facebook, Instagram, Netflix, Youtube etc réduisent leur débit pour ne par faire exploser les réseaux mais chez Orange il n’y a pas de souci ! 

Orange affirme que son réseau supportera les charges et en même temps il préconise d’utiliser au maximum la wifi depuis le réseau fixe ! 

C’est la démonstration de la réponse fallacieuse d’Orange lorsque nous sommes en panne de ligne fixe que l’on pourrait s’en passer en ayant recours à la téléphonie mobile et aux box 4G.

La restauration du réseau du téléphone fixe est plus qu’urgente sur tout le territoire. Chacun nous avons droit, au titre du service universel, à une liaison fiable et permanente.