Confinés et sans internet, le scandale des citoyens discriminés

Communiqué de presse

« Lorsque vous êtes chez vous, connectez tous vos appareils à votre box, soit avec des câbles réseau soit via le wi-fi. Cela inclut les smartphones, gros consommateurs de données. »

 Voici une des recommandations diffusées par Orange, gestionnaire du réseau de téléphonie fixe sur tout le territoire français, pour éviter la saturation du réseau mobile.

Pour nombre d’habitants des territoires ruraux cette recommandation est une véritable provocation, eux qui sont parfois privés de téléphone fixe et donc d’internet durant des semaines, des mois et pour certains des années.

Nous rappelons qu’Orange a la charge d’un service qui se doit d’être universel et permanent  et surtout se doit de respecter les principes d’égalité, de continuité, d’adaptabilité auquel il est soumis par le code des postes et communications électroniques de l’ARCEP.

Aujourd’hui l’épidémie de coronavirus nous impose le confinement à la maison, ce qui se traduit pour les adultes à travailler via le télétravail, pour les enfants à suivre leurs cours mis en ligne sur internet, pour les entreprises à poursuivre leur activité en gérant à distance leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients. Mais comment faire quand la connexion à internet est défectueuse ou inexistante ?

La fracture numérique n’est pas seulement une question de pratiques et d’usages dont une partie de la population serait dépourvue il s’agit aussi d’infrastructures (poteaux, câbles, répartiteurs, boîtiers) détériorées au point de priver des habitants de l’accès au téléphone et à internet.

Malgré des plaintes déposées par des élus, malgré les mises en demeure de l’ARCEP, le réseau de téléphonie fixe géré par Orange n’a cessé de se dégrader, particulièrement dans les zones rurales, constituant une atteinte grave et discriminatoire à l’égal accès au service universel.

Aujourd’hui, avec le confinement, nous mesurons à quel point est vital l’accès au téléphone et à internet pour les familles, pour les personnes isolées, pour les entreprises.

C’est pourquoi, avant même le confinement, des collectifs d’usagers se sont constitués exigeant de l’État -actionnaire à 27% de Orange- et du gestionnaire du réseau, Orange -dont les bénéfices net en 2019 sont de 3 milliards d’euros – la remise en état immédiate du réseau pour que soit garanti à tous les habitants de ce pays un accès fiable et permanent au téléphone et à internet.

 

Orange j’enrage !

Collectif des usagers victimes de pannes internet et téléphone

Nous appelons tous les citoyens ainsi que les élus à se joindre à notre collectif pour obtenir de l’État que l’accès internet soit reconnu comme service universel vital au même titre que l’eau et l’électricité et le téléphone. Nous exigeons du gestionnaire du réseau, Orange, qu’il restaure le réseau qu’il a négligé, qu’il garantisse un accès fiable et permanent à internet et au téléphone et une remise en service rapide lors des pannes et enfin qu’il assure un accueil et un suivi respectueux de ses clients. Rejoignez les groupes locaux d’ Orange j’enrage ! pour faire entendre votre détresse même si vous n’êtes pas en panne car vous risquez de l’être prochainement.

Réunion publique St Jean Chambre 19 février

Si, comme nous, vous êtes victimes de pannes internet et téléphone à répétition, pannes dont les durées ne cessent de s’allonger, venez témoigner de vos difficultés et unissons nos forces pour exiger de la part du gestionnaire du réseau, Orange, un réel accès à internet et au téléphone.

Hervé Saulignac

Notre député déclare publiquement son soutien au collectif Orange j’enrage ! car toutes les tentatives des élus pour contraindre Orange à remettre en état le réseau de téléphonie fixe se sont révélées infructueuses.

Monsieur Saulignac peut compter sur nous ! Les citoyens organisés collectivement, et soutenus par les élus, peuvent se révéler très efficaces pour faire respecter leurs droits, comme l’est l’accès au service universel du téléphone et d’internet.

 

Alors on se dit qu’on va agir ensemble

Pour ne plus être seul au téléphone avec le jingle qui tape sur les nerfs, pour ne plus se sentir écrasé par les procédures automatiques, pour ne pas devenir fou devant les interfaces régulièrement modifiées, pour ne pas désespérer quand on a attendu toute la journée un technicien qui ne vient pas.
C’est pour ça qu’on se retrouve, pour ne plus être seul. Ce 15 janvier on est une bonne cinquantaine de personnes, des habitants venus de St Christol, de St Genest Lachamp, d’Alboussière, de St Jean Chambre, de Beauvène, de Nozières, d’Empurany, de St Jean Roure et bien sûr de St Julien Labrousse.
Alors on se dit qu’on va agir ensemble pour savoir combien on est de personnes, isolées dans la campagne et privées de téléphone et d’internet. On se dit qu’on va se rapprocher de nos voisins, trouver des systèmes d’alerte pour venir à leur secours en cas de danger. On se dit que dans chaque village sinistré un collectif peut se monter et organiser des réunions publiques. On se dit qu’on va constituer un état des lieux du désastre avec tous les moyens qui sont à notre disposition.

Photo : 2 ème réunion publique, mercredi 15 janvier 2020 à Saint Julien Labrousse

Carte collaborative

Une carte collaborative à expérimenter ensemble

Nous avons pensé qu’une carte collaborative permettrait de rendre compte de l’état déplorable du réseau téléphonique.
C’est un outil pratique auquel chacun peut contribuer pour rendre visible et situer les différents problèmes sur les lignes et identifier les personnes qui n’ont pas de connexion au réseau.
Cette carte basée sur umap d’OpenStreetMap est mise en place avec une documentation pour vous aider à y placer vos informations:

Carte collaborative de l’état des lignes endommagées.

Merci de vos contributions !