Saint Julien Labrousse 07160

Au sujet de la piètre qualité du réseau de téléphonie dans la zone Le Cheylard, Vernoux et Lamastre

Dès la privatisation du secteur des télécommunications en France la qualité du réseau téléphonique s’est gravement dégradée tant dans mon hameau (Chamosse) que chez les autres habitants de la vallée du Glo.

Ma ligne téléphonique ne fonctionnant plus et constatant que personne ne se préoccupait de la remettre en état j’ai, en désespoir de cause, résilié mon abonnement.

On m’a facturé 70 € pour cette résiliation, que j’ai refusé de payer, somme que l’on ne m’a jamais réclamé depuis, c’est-à-dire il y a plus de dix ans.

Je me suis donc résigné à acquérir un téléphone portable qui fonctionne quand il en a envie, soit en moyenne un jour sur deux. L’affichage de mon écran oscille tout le temps entre réseau nul et maximum. Quand j’ai la chance d’avoir un correspondant en ligne la communication s’interrompt toutes les 90 secondes, m’obligeant à rappeler ou à me faire rappeler.

Certes tous ces petits inconvénients participent du folklore lié à la désertification de nos nombreuses et séduisantes campagnes. Nombre de concitoyens étaient prêts à minimiser les désavantages liés à leur choix de s’éloigner des nuisances des agglomérations, de se rapprocher de la nature et de développer de meilleurs contacts avec la population locale sauf que, lors des graves intempéries de novembre dernier, j’ai été totalement isolé durant cinq jours.

Pas grave, je suis paré pour affronter ce genre d’aléa qui se produit tous les deux ans en moyenne. Mais j’ai vieilli depuis mon installation à Chamosse, il y a trente ans, ma santé s’est dégradée et j’ai pris conscience de mon isolement, de l’impossibilité d’atteindre de 15, le 18 ou le 112. J’aurais pu mourir chez moi sans que personne ne s’en aperçoive. Les numéros d’urgence relèvent pourtant du service public que les différents opérateurs travaillant en France se sont engagés à respecter.

Ma demande d’avoir les moyens de communiquer grâce à une ligne de téléphone fixe me semble légitime même si en termes capitalistiques je ne présente aucun intérêt.

Une remarque parmi d’autres : les émetteurs semblent cesser leur activité en cas de coupure d’électricité. Dont acte. Mais pourquoi ne pas les équiper d’une génératrice ? Trop cher ?

J’aimerais souligner qu’à l’époque de France Télécom la qualité de service laissait aussi à désirer mais les techniciens venaient de suite remédier aux dysfonctionnements signalés et les clients concernés – il s’agissait encore de clients – recevaient des excuses et bénéficiaient de gestes commerciaux du genre exonération de l’abonnement sur un ou deux mois.

Olivier Blanchard

 

Alors on se dit qu’on va agir ensemble

Pour ne plus être seul au téléphone avec le jingle qui tape sur les nerfs, pour ne plus se sentir écrasé par les procédures automatiques, pour ne pas devenir fou devant les interfaces régulièrement modifiées, pour ne pas désespérer quand on a attendu toute la journée un technicien qui ne vient pas.
C’est pour ça qu’on se retrouve, pour ne plus être seul. Ce 15 janvier on est une bonne cinquantaine de personnes, des habitants venus de St Christol, de St Genest Lachamp, d’Alboussière, de St Jean Chambre, de Beauvène, de Nozières, d’Empurany, de St Jean Roure et bien sûr de St Julien Labrousse.
Alors on se dit qu’on va agir ensemble pour savoir combien on est de personnes, isolées dans la campagne et privées de téléphone et d’internet. On se dit qu’on va se rapprocher de nos voisins, trouver des systèmes d’alerte pour venir à leur secours en cas de danger. On se dit que dans chaque village sinistré un collectif peut se monter et organiser des réunions publiques. On se dit qu’on va constituer un état des lieux du désastre avec tous les moyens qui sont à notre disposition.

Photo : 2 ème réunion publique, mercredi 15 janvier 2020 à Saint Julien Labrousse